02.12.2014 à 19:03

policeAffaire Pantani: homicide ou overdose ? (PAPIER D'ANGLE)

Par Justin DAVIS Rimini (Italie), 2 déc 2014 (AFP) - Les défenseurs de la thèse de l'homicide de Marco Pantani s'appuient sur des éléments du film tourné par la police le jour de la découverte du corps, le 14 février 2004.

L'AFP a pu visionner ce film dans son intégralité. Voici les arguments des partisans de la thèse de l'homicide et ceux de la thèse originelle, celle de l'overdose, récemment confortée. Le film, présenté par l'avocat de la famille Pantani, Antonio De Rensis, dont les recherches ont conduit la justice à rouvrir l'enquête l'été dernier, montre que les policiers ont décidé de ne pas relever les empreintes digitales dans la chambre de l'hôtel de Rimini où le "Pirate" est mort. Le journaliste du Corriere Romagna, Andrea Rossini, répond à ces arguments dans le livre qu'il vient de publier, "L'affaire Pantani, le dernier kilomètre (secrets et mensonges)" (NdA press), dans lequel il réfute les thèses de l'homicide et du complot contre Pantani. "Ils cherchaient d'abord de la drogue", dit-il. Rossini ajoute que la recherche d'empreintes aurait rapporté des centaines d'échantillons et aurait posé problème car "il y avait de la cocaïne partout dans la pièce". Le film montre les images dures du corps de Pantani, en jeans et torse nu, la poitrine contre le sol, un bras replié sous lui. Une flaque de sang autour de sa tête a gagné le torse. On peut voir quelques blessures au-dessus des paupières, du nez et de la bouche, conduisant De Rensis à évoquer la possibilité d'une bagarre. Mais le cycliste "n'a pas été agressé ni frappé avant de mourir", a affirmé le légiste Franco Tagliaro dans un courrier au juge que s'est procuré l'AFP. Ces conclusions rejoignent celles faites dix ans auparavant, qui affirmaient que Pantani était mort d'une overdose de cocaïne. Un laboratoire d'analyse d'images mandaté par De Rensis a établi que la flaque de sang ne correspondait pas à la position du corps. La dépouille "a été bougée car avant la vidéo de la scène de crime les urgentistes avaient essayé d'utiliser un défibrillateur sur Pantani", explique Rossini. A côté du corps la caméra zoome sur une petit boule qui s'est révélée être un mélange de cocaïne et mie de pain. Un des premiers infirmiers présent sur la scène a affirmé dix ans après ne pas se souvenir de la présence de cette petite boule, entraînant force spéculations dans les médias italiens sur le fait qu'elle aurait été placée ultérieurement. Les enquêteurs chargés de l'enquête il y a dix ans ont mandaté leurs avocats pour poursuivre en diffamation les médias écrivant que la police aurait mal fait son travail. La caméra montre ensuite une bouteille sur une étagère, avec d'évidentes traces de cocaïne. De Rensis suggère que l'éventuel agresseur aurait forcé Pantani à boire de la cocaïne diluée dans l'eau. Mais un tel mélange "est très corrosif, et aucune brûlure n'est visible sur le corps de Pantani", qui aurait résulté d'une ingestion forcée. Le grand désordre de la chambre d'hôtel accrédite aussi la thèse de l'overdose. Le journaliste anglais Matt Rendell, auteur de "La mort de Pantani" et le premier à avoir révélé la présence de cette boule de pain et de drogue, estime que l'état de la pièce correspond aux habitudes de Pantani, tombé dans l'addiction après son exclusion du Giro 1999. Michael Mengozzi, partenaire de chasse et ami de Pantani, avait été chargé par le père de Pantani d'aider Marco à se débarrasser de son addiction. "Mengozzi (...) et le docteur Giovanni Greco ont sauvé cinq fois Pantani" qui s'était enfermé pour se droguer, raconte Rendell à l'AFP, "et chaque fois les circonstances étaient les mêmes: pièce barricadée, température montée au maximum, meubles éparpillés un peu partout". Rossini compare le travail des policiers à celui d'un arbitre de football. "Bien sûr des erreurs mineures ont été commises mais ce qui compte, c'est que le résultat soit juste". jd/eba/yk

(AFP)

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