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ÉditorialAffaire privée, affaire d’État: le poison du chantage

Que peut faire Alain Berset? Laisser ses adversaires continuer à alimenter le feuilleton jusqu’à ce qu’ils sortent l’objet du chantage? Attention les chiens sont lâchés…

par
Eric Felley
Pour le conseiller fédéral Alain Berset, cette affaire est dorénavant une épine dans son pied, que ses adversaires ne manqueront pas de remuer.

Pour le conseiller fédéral Alain Berset, cette affaire est dorénavant une épine dans son pied, que ses adversaires ne manqueront pas de remuer.

KEYSTONE/Alessandra Della Valle

On en sait trop ou pas assez. L’affaire du chantage contre le conseiller fédéral Alain Berset, dévoilée par la «Weltwoche» du conseiller national Roger Köppel (UDC/ZH), a tous les ingrédients pour devenir une affaire d’État. Le fait de dévoiler qu’il a fait l’objet d’une tentative de chantage d’ordre privé suscite évidemment la curiosité la plus intense, sur le fond de l’affaire pour l’instant gardé secret. Pour l’instant, car il est clair que «les chiens sont lâchés» pour le découvrir.

La maître-chanteuse, qui s’est rétractée, a été condamnée. Mais on sent bien que du côté de la «Weltwoche» et de l’auteur de l’article, l’ancien conseiller national Christoph Mörgeli (UDC/ZH), on voudrait bien condamner, aussi, Alain Berset et le pousser dans les cordes pour s’être exposé à une telle situation dans sa vie privée. Il n’y aurait pas de vie privée qui tienne, lorsque cela touche un membre du Conseil fédéral. Dans la «NZZ», le ton est donné: «Un conseiller fédéral qui peut faire l’objet d’un chantage ne devrait plus être conseiller fédéral».

Sur l’objet du chantage, le Département fédéral de l’intérieur parle «de choses fausses, attentatoires à l’honneur» pour des faits qui remontent à huit ans. Pourquoi la femme en question a-t-elle attendu sept ans pour réclamer 100 000 francs à Alain Berset, concernant une photo (où l’on ne verrait que son visage selon son avocat interrogé par «Blick») et des échanges de mail? C’est intrigant. En accord avec les parties, les documents ont été détruits et les passages concernant l’objet du chantage ont été caviardés dans l’ordonnance qui a condamné l’auteure.

À Berne, la session d’hiver commence dans une semaine et s’annonce désormais dans un climat de suspicion, à l’heure où le Parlement doit se concentrer sur les suites du Covid-19. Omniprésent cette année sur le sujet, Alain Berset aura de la peine à faire oublier cette mystérieuse casserole. Certains parlementaires estiment que la Délégation des commissions de gestion, qui s’occupe des affaires concernant la sécurité intérieure ou d’espionnage, doit se saisir de l’affaire. L’Autorité de surveillance du Ministère public de la Confédération, qui a mené l’enquête, veut également se saisir de cette affaire. Cela fait déjà beaucoup de personnes qui veulent savoir.

Cela dit, la divulgation de cette tentative de chantage est clairement une manœuvre pour déstabiliser le ministre de la Santé. Ceux qui ont lancé cette bombe ont sans doute encore d’autres munitions pour en faire un feuilleton. Et les risques de fuite augmentent de jour en jour. Dans ce contexte délétère, il n’est plus question de savoir si on finira par connaître l’objet de ce chantage, mais quand… De tout évidence, Alain Berset est en danger.

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74 commentaires
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Lejuge

24.11.2020 à 11:19

C'est drôle, on a aucune information sur le sujet de ce chantage et les commentaires déferlent leur jugement fondés sur rien du tout. C'est tout de suite interpréter comme une histoire de 🍑🍆 où cette femme vile, sans le moindre scrupule sévit durement! Que d'imagination.

Annon Cepalui

23.11.2020 à 17:43

Pourtant il est si beau, si ténébreux, avec son petit poil sur la langue ! Encore ! Et sa chevelure dense si douce...

Personnenestparfait

23.11.2020 à 17:29

Il suffit de lire le nom de l'auteur de l'article pour voir l'origine de cette affaire et qui avait intérêt à la sortir. D'en être réduit à ça démontre qu'il y en a qui touche le fond et pas seulement avec leurs résultats lors des votations !