France: «Affaire Virus»: neuf ans de prison requis

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France«Affaire Virus»: neuf ans de prison requis

Neuf ans de prison ont été requis contre le principal suspect dans l'affaire de l'argent du cannabis blanchi en Suisse.

Archive/photo d'illustration, AFP

Les millions d'euros du cannabis étaient évacués via les comptes de fraudeurs fiscaux français cachés en Suisse: jusqu'à neuf ans de prison ont été requis mercredi à Paris au procès d'une affaire de blanchiment à grande échelle de l'argent de la drogue, baptisée «Virus». Le jugement est attendu le 19 octobre.

Cette affaire présente le «visage de la criminalité organisée moderne», a souligné la représentante du ministère public devant le tribunal correctionnel de Paris. Quarante personnes y sont jugées depuis le 17 septembre pour leur implication, à des degrés divers, dans ce vaste réseau franco-suisse de blanchiment.

Les blanchisseurs, des «professionnels de la finance», ont recyclé des centaines de millions d'euros de l'argent du cannabis grâce à un «système séculaire, extrêmement rapide, laissant peu de traces, et qui permet encore aujourd'hui l'évacuation de l'argent du proxénétisme ou de la cocaïne», a-t-elle relevé.

Ce réseau de trafiquants présumés, collecteurs d'espèces, financiers suisses et exilés fiscaux avait été démantelé à l'automne 2012. Tout avait commencé quelques mois plus tôt par une enquête classique sur un trafic de cannabis entre le Maroc et la région parisienne.

Depuis Genève

L'importateur principal a été identifié comme étant Rachid Mimoun, un Franco-Algérien de 45 ans qui naviguait entre le Maroc et l'Algérie. La plus lourde peine d'emprisonnement, neuf ans, assortie de 50'000 euros d'amende, a été requise contre ce «trafiquant d'envergure», qui a reconnu l'importation de deux tonnes de résine de cannabis.

La marchandise était réceptionnée et revendue par ses relais en Ile-de-France. Puis, dans une même journée, un sac plastique bourré d'espèces passait des mains d'un trafiquant à un collecteur, puis dans celle d'un autre collecteur. Dans des quartiers cossus de Paris, il remettait à des exilés fiscaux souhaitant rapatrier leur argent caché en Suisse, clients de son frère financier, «les millions d'euros immaculés du cannabis».

Depuis Genève et la société de gestion de patrimoine dirigée par Meyer El Maleh, une officine spécialisée dans la fraude fiscale, les avoirs des fraudeurs fiscaux étaient débités, et l'argent était reventilé, via des sociétés-écrans, vers les trafiquants marocains.

Douze millions d'euros auraient été ainsi blanchis entre 2010 et 2012 grâce au réseau de la famille El Maleh, dont cinq membres sont poursuivis dans ce dossier. Cinq ans de prison et une amende d'un million d'euros ont notamment été requis à l'encontre de Meyer El Maleh pour blanchiment de fraude fiscale en bande organisée et de Simon Perez, soupçonné d'être à l'origine de ce système «complexe» de blanchiment.

(ats)

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