Votations: Agressée à Genève pour son soutien au «oui» contre la haine
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VotationsAgressée à Genève pour son soutien au «oui» contre la haine

Une passagère d'un tram des TPG a été prise à partie parce qu'elle arborait un pin's en faveur de la pénalisation de la discrimination homophobe.

par
lematin.ch
Parce qu'elle portait ce pin's, soutien affiché à l'interdiction de la discrimination homophobe, la passagère du tram a été insultée et menacée.

Parce qu'elle portait ce pin's, soutien affiché à l'interdiction de la discrimination homophobe, la passagère du tram a été insultée et menacée.

Dimanche 26 janvier, une Neuchâteloise de 41 ans était de passage à Genève. Montant dans un tram de la ligne 15, elle trouve une place assise libre. Le siège à côté d'elle est occupé par les pieds d'un homme assis plus loin. Quand le camarade de ce dernier lui dit de les enlever pour ne pas gêner cette dame, celui-ci répond: «Je ne vais pas retirer mes pieds pour une sale gouine».

S'il profère cette insulte, c'est parce que la Neuchâteloise arbore le pin's «Stop à la haine», en signe de soutien à l'interdiction de la discrimination en raison de l'orientation sexuelle, objet sur lequel se prononceront les Suisses ce 9 février. Visiblement, l'individu, qui a entre 20 et 30 ans, sait parfaitement de quoi il s'agit. «Il s'est tout de même déplacé pour aller s'asseoir à la rangée derrière moi, nous raconte cette femme. Mais il a continué à proférer des injures: «Si l'on virait tous les juifs, les noirs et les sales lesbiennes, on se porterait mieux. Tu mérites qu'on te foute le feu», m'a-t-il lancé. Quand je lui ai dit d'arrêter, qu'on avait compris, il a rétorqué: «Je peux t'insulter autant que je le veux, ta loi n'est pas encore votée.»

Il tente de la frapper

L'infortunée passagère menace alors d'appeler la police s'il continue. L'homme se lève et s'approche de la porte, visiblement pour descendre à Plainpalais. «Pendant qu'il attend son arrêt, je lève mon smartphone pour le prendre en photo. Et là. il me balance un coup de poing, qui me frôle, Je ne sais pas si c'était juste pour me faire peur ou s'il a raté son coup. Il est ensuite descendu et j'ai pu le photographier alors qu'il se retournait pour me lancer que je pouvais aller voir la police, puisque de toute façon celle-ci le connaissait déjà.»

Tremblante et en pleurs

Dans le tram, personne n'a bougé. «Quand je suis descendue, j'ai d'abord pensé, «C'est o.k, rassure-toi, tout va bien». Mais je me suis alors aperçue que je pleurais et que je tremblais.» Elle décide alors d'aller immédiatement porter plainte au poste de police des Pâquis. Pas pour discrimination homophobe, puisque ce délit n'est justement pas (encore) reconnu par le code pénal, mais pour insultes et menaces. Elle fournit également aux policiers la photo de son agresseur. «Ils m'ont dit que si avec cela et les images des caméras de surveillance, ils parvenaient à le retrouver, ils m'informeraient. J'attends.» L'enquête suit son cours.

Le jour-même, elle a décidé de raconter ce qui lui était arrivé sur sa page Facebook. «Parce que cela m'a montré qu'il y avait encore un gros travail de sensibilisation à faire sur l'homophobie, que ce n'est pas gagné et qu'il faut aller voter ce dimanche. Et parce que je ne laisserai pas la peur que cet homme a voulu instiller en moi prendre ma dignité.» Son récit a été relayé par certaines de ses connaissances à la Fédération genevoise des Associations LGBT qui a, avec son accord, publié ce 4 février un communiqué en soutien à sa plainte.

«Personne ne devrait avoir peur de prendre un tram et de se faire insulter, personne ne devrait avoir peur de marcher dans la rue en donnant la main à la personne que l'on aime et de se faire agresser», écrit la Fédération, qui termine en rapellant d'aller voter oui dimanche.

Michel Pralong

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