Neuchâtel: Agression à l’acide: le voisin alarmé a bien réagi
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NeuchâtelAgression à l’acide: le voisin alarmé a bien réagi

Alerté par des appels aux secours, le locataire a bien fait de rincer la victime à grandes eaux. Selon le CHUV, enlever l’acide n’est pas un geste simple.

par
Vincent Donzé
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L’agression s’est déroulée dans un parking souterrain.

L’agression s’est déroulée dans un parking souterrain.

Lematin.ch/Vincent Donzé
L’ex-petit ami de la locataire L. l’a surprise jeudi dernier.

L’ex-petit ami de la locataire L. l’a surprise jeudi dernier.

Lematin.ch/Vincent Donzé
L’immeuble surplombe le lac de Neuchâtel.

L’immeuble surplombe le lac de Neuchâtel.

Lematin.ch/Vincent Donzé

Pendant plusieurs jours, un frisson a traversé l’immeuble théâtre d’une attaque à l’acide dans le parking souterrain, jeudi matin à Neuchâtel. Sa vie n’est plus en danger, mais le sort de L., modèle photo de 24 ans à la longue chevelure, inquiète. L’annonce officielle de l’arrestation de l’agresseur de 19 ans, dans le quartier de la Maladière, enlève toutefois la crainte d’une attaque terroriste aveugle, d’un «serial défigureur». «On vit normalement», réagit jeudi un locataire.

Les témoins qui se sont annoncés à la police ont permis d’apporter des nombreuses précisions utiles à l’enquête. Il s’agissait de reconstituer le parcours d’un jeune homme de corpulence athlétique, ayant cheminé avec un masque ou une cagoule noir à la rue de l’Evole. Ce jeudi, la police confirme l’information diffusée vendredi par «Lematin.ch»: l’assistante en soins à domicile a été agressée par son ex-petit ami.

«Relation sentimentale»

Selon le voisinage, la jeune femme n’a jamais partagé son studio avec son ancien petit ami, établi en Suisse depuis plusieurs années, en provenance d’Afghanistan. «Il a entretenu une relation sentimentale avec la victime pendant quelques mois», a précisé la procureure Sylvie Favre.

Depuis qu’il est majeur, le prévenu a été condamné à une reprise pour une infraction à la loi fédérale sur les étrangers et l’intégration. Il est connu de la Police neuchâteloise pour avoir été mêlé à des activités délictueuses alors qu’il était mineur.

Comment est-il entré dans l’immeuble de son ex? S’est-il glissé dans le parking lorsqu’une voiture en est sortie à l’heure d’aller au travail? «La préparation, ainsi que les détails de son exécution» font l’objet de l’enquête, tout comme les motifs de l’agression.

Hospitalisée au CHUV, L. a pu quitter l’hôpital universitaire vaudois.

Hospitalisée au CHUV, L. a pu quitter l’hôpital universitaire vaudois.

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La victime a pu quitter le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) à Lausanne. Un lecteur ayant suivi un CFC de laborantin en chimie s’est interrogé sur le geste qui sauve, la police neuchâteloise ayant signalé qu’un voisin alarmé par les appels aux secours «a eu le réflexe de doucher abondamment à l’eau la victime en attendant les secours».

«Le contact entre l’acide et l’eau libère de la chaleur: on parle de réaction exothermique», a-t-il écrit. Selon lui, «lors d’un contact cutané avec de l’acide fort, il est important d’essuyer et de retirer le maximum d’acide avec un papier, un morceau de tissu ou autre, afin de réduire la quantité d’acide qui réagira avec l’eau et limiter au maximum le dégagement de chaleur».

Rincer abondamment

«Oui, il faut rincer abondamment sous de l’eau courante, mais toujours après avoir essuyé le maximum d’acide», a résumé ce lecteur. Sans se prononcer sur le cas de Neuchâtel, le CHUV est plus nuancé: «Tout dépend du produit utilisé. Essuyer la peau implique d’enlever les habits de manière sécurisée, en les découpant tout en se protégeant soi-même. Tamponner ou essuyer un patient, c’est délicat, en raison de l’étalement, il y a un risque pour les intervenants», indique son service de communication.

Dans le doute, le geste le plus efficace reste probablement de «rincer à grandes eaux aussi vite que possible, en évitant d’étendre ou d’éclabousser le produit», comme l’a fait le voisin de la victime, jeudi dernier.

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