Genève: Agression au Rooftop 42: condamné à 18 mois ferme
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GenèveAgression au Rooftop 42: condamné à 18 mois ferme

Le verdict dans l'affaire du videur qui avait agressé et tué un père de famille en septembre 2015 a été rendu jeudi.

Archives/Photo d'illustration, Keystone

Le Tribunal correctionnel de Genève a condamné jeudi le videur d'un bar qui avait frappé un client à trois ans de prison avec sursis partiel. Le Ministère public avait requis dix ans de prison pour meurtre. La victime était morte après neuf mois, sans être jamais sortie du coma.

Le tribunal a jugé cet homme de 59 ans coupable d'homicide par négligence et de lésions corporelles graves. Les juges ont fixé la part ferme de détention à 18 mois, le maximum prévu par la loi. En tenant compte des mois déjà passés en préventive, le videur sortira dans six semaines, a indiqué son avocat Simon Ntah, très satisfait de ce jugement.

Une colère non maîtrisée

Les juges relèvent que cet ancien champion du monde de full-contact a donné, de sa main la moins puissante, trois coups à la tête d'un homme alcoolisé. Celui-ci l'insultait, car il ne comprenait pas pourquoi on lui demandait de sortir de ce bar chic ce 25 septembre 2015, vers 22h. Pour le tribunal, le videur n'a pas voulu tuer et sa faculté d'agir était complète.

Reste qu'il a gravement violé son devoir de prudence en cherchant à faire taire de la sorte le quadragénaire. Vraisemblablement KO, le client est tombé en arrière, sa tête heurtant violemment le sol. Alors que deux collègues ont tenté de séparer les protagonistes, le tribunal note l'entêtement du videur et une colère non maîtrisée dans un métier qui exige de savoir gérer ce genre de situation.

Psychothérapie ordonnée

Après les faits, le videur a cherché des secours, en pleurs. Il a pris des nouvelles de sa victime et admis ses actes. Il a éprouvé des remords, mais les juges n'ont pas retenu de repentir sincère. Comme l'avait plaidé Me Ntah, le tribunal a ordonné que le condamné suive une psychothérapie. Il a fixé le délai d'épreuve à quatre ans.

Le videur est aussi condamné à verser 60'000 francs à la veuve et 40'000 francs à chacune des deux filles de la victime pour tort moral. Les juges ont retenu que l'homme est mort dans des conditions particulières. Sa chute sur un sol très dur avait provoqué des lésions cérébrales irréversibles qui l'ont plongé dans le coma. Il est mort cinq semaines après l'arrêt des traitements, à 43 ans.

(ats)

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