09.10.2020 à 21:10

MotocyclismeAh, si la course était simple…

La journée noire de Luca Marini rappelle que dans le métier de pilote, tout peut basculer en quelques secondes. Ou quand la grandeur naît souvent de la douleur.

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L’inquiétude de Valentino Rossi

On a vu arriver Valentino Rossi, au guidon de son scooter, au centre médical. Encore engoncé dans sa combinaison de cuir, une doudoune sur les épaules et le regard interrogateur, il venait d’écourter son propre briefing technique, inquiet par les images qu’il venait de découvrir: celles de son demi-frère Luca Marini volant dans le ciel de la Sarthe.

Uccio Salucci, son principal collaborateur et Pablo Nieto, le manager de ses teams VR46 en Moto3 et en Moto2 l’attendaient. Au même moment, une ambulance emmenait le leader que l’on pensait incontesté du championnat du monde Moto2 après sa victoire de Catalogne il a deux semaines, vers un hôpital du Mans. Pour y effectuer des radiographies supplémentaires.

Quelques minutes plus tôt, celui qui avait commencé sa noire journée en tombant dès son entrée en piste – Marini allait perdre un temps précieux lors de la première séance d’essais libres, sur une piste encore mouillée – n’avait pas évité un «highside» impressionnant après le fameux pont Dunlop. L’Italien, qui avait mis la concurrence K.-O. il y a deux semaines, allait se relever et s’éloigner de l’endroit de la chute soutenu par deux commissaires. Verdict: une cheville gauche très enflée, mais pas de fractures, le leader du championnat essaiera de rouler samedi matin.

Les pneus Dunlop montrés du doigt

«Mon Dieu, quel genre de pneus on leur donne?» Alors qu’il venait de rejoindre ses hommes de confiance, Valentino Rossi n’a pas remarqué qu’une caméra, micro ouvert, enregistrait ses propos.

Précision: les promoteurs du championnat du monde travaillent depuis de longues années avec des fournisseurs uniques de pneumatiques. Actuellement, il s’agit de Dunlop pour les classes Moto3 et Moto2 et de Michelin pour la classe MotoGP. Or, si le manufacturier français propose deux types de gommes (plus ou moins tendres, en fonction de la chaleur) pour ses enveloppes «pluie», son confrère britannique n’amène qu’un seul choix. Or, ce vendredi matin sur la piste encore détrempée des premiers essais Moto3, on a enregistré pas moins de 16 chutes (14 pilotes différents).

Un peu plus tard, onze pilotes Moto2 (dont Marini, à son entrée en piste, mais aussi des sérieux candidats comme Di Giannantonio et Lowes) n’ont pas évité le contact plus ou moins douloureux avec le sol. Entre-temps, aucune chute n’avait été recensée en MotoGP (cinq dans la catégorie reine, dans l’après-midi, lors d’une séance commencée avec les gommes pluie et terminée avec des slicks).

Le Covid-19 rattrape encore les GP

Depuis le début du championnat, Yamaha a remporté cinq des huit courses MotoGP (trois victoires pour Quartararo, une pour Morbidelli et une pour Viñales). Pourtant, les soucis ne manquent pas pour la marque aux trois diapasons: problèmes techniques à Jerez de la Frontera – la menace potentielle existe que l’un ou l’autre des pilotes, qui n’ont droit qu’à cinq moteurs pour toute la saison, soit pénalisé en cas de nouvelle casse – et, depuis quelques jours, c’est le Covid-19 qui a frappé.

«Nous avons le regret d’annoncer que six ingénieurs du groupe Yamaha MotGP, dont le project-leader de la YZR-M1, Takahiro Sumi (photo), n’ont pas pu se rendre en France. En raison des restrictions de voyage, plusieurs de nos collaborateurs vivent en Andorre entre les courses. Lundi, après l’habituel test PCR, l’un de nos ingénieurs a reçu un résultat positif, les cinq autres ayant été testés négatifs. 24 heures plus tard, de nouveaux tests ont été réalisés, les résultats étant identiques. En conséquence, nos six collaborateurs sont en isolement en Andorre, mais ils restent en contact avec l’équipe, via les nouveaux outils de communication que nous utilisons depuis le début de la saison», explique Yamaha.

La situation sera réévaluée en début de semaine, puisque deux GP sont à suivre en Aragon.

Marc Marquez en Aragon?

Aucune confirmation officielle pour l’instant, mais les bruits se font de plus en plus insistants: Marc Marquez «aurait» un important rendez-vous avec les médecins ce lundi et il pourrait ensuite prendre la décision de rejoindre le Motorland d’Aragon, près d’Alcañiz, où deux GP nous attendent ces deux prochains week-ends.

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