France - Aide aux migrants: les «sept de Briançon» relaxés par la justice
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FranceAide aux migrants: les «sept de Briançon» relaxés par la justice

Les sept militants, dont deux Suisses, avaient été condamnés pour avoir facilité l’entrée de migrants en France en 2018.

À Gap en 2018, lors du procès des «sept de Briançon».

À Gap en 2018, lors du procès des «sept de Briançon».

AFP

Sept militants condamnés en 2018 à des peines allant jusqu’à douze mois de prison avec sursis pour avoir facilité l’entrée en France de migrants lors d’une manifestation ont été relaxés jeudi en appel par la justice. La cour d’appel de Grenoble a infirmé la décision du tribunal correctionnel de Gap dans les Hautes-Alpes, qui avait condamné en novembre 2018 deux Français, une Italienne, un Suisse et un Belgo-Suisse à six mois de prison avec sursis. Deux autres militants poursuivis pour les mêmes faits, des Français déjà condamnés par le passé et qui avaient été condamnés à douze mois de prison – dont quatre ferme – en première instance, ont également été relaxés. Seul l’un d’eux, qui comparaissait également pour rébellion, a par ailleurs été condamné à quatre mois de prison avec sursis.

Le 27 mai, lors de l’audience en appel, le ministère public avait requis jusqu’à huit mois de prison avec sursis à l’encontre des sept prévenus après avoir réclamé à la cour d’écarter la qualification de bande organisée. Tout en confiant son «profond respect» pour «les idées de fraternité» défendues, il avait reproché aux militants d’avoir facilité l’entrée en France d’une vingtaine de migrants lors d’une manifestation le 22 avril 2018.

Une manifestation «spontanée»

Partis de Clavière, en Italie, 200 manifestants – auxquels s’étaient mêlés ces réfugiés – avaient rejoint Briançon après avoir forcé un barrage dressé par les forces de l’ordre à la frontière française. Au cours de l’audience devant la cour d’appel de Grenoble, les mis en cause avaient à nouveau contesté avoir sciemment aidé les migrants à la franchir, soulignant qu’ils ignoraient que ces derniers se trouvaient dans la manifestation, qui a d’après eux «contourné le barrage policier».

À la barre, ils avaient décrit une participation «passive et festive» à une «manifestation spontanée», décidée en réaction à une démonstration d’hostilité aux migrants menée, la veille au col de l’Échelle, par le groupuscule Génération Identitaire aujourd’hui dissous. Au cours de leurs plaidoiries, et avant de réclamer à la cour de relaxer leurs clients, les avocats de la défense avaient soutenu que l’enquête n’avait mis au jour qu’une «constellation d’hypothèses» sur leur implication et la présence de réfugiés dans la manifestation.

Comme lors de l’audience devant le tribunal correctionnel de Gap, qui s’était achevée tard dans la nuit du 8 au 9 novembre 2018, plusieurs centaines de sympathisants de la cause des migrants s’étaient mobilisés devant le palais de justice de Grenoble, à l’appel de leur comité de soutien.

Version originale publiée sur 20min.ch.

(AFP)

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