Actualisé 27.03.2020 à 07:52

EditorialAider les indépendants, ce n'est pas gaspiller, c'est investir

En indemnisant mal les petits entrepreneurs indépendants, le Conseil fédéral risque de mettre à genoux la petite économie à la sortie de la crise. Christophe Darbellay lui fera-t-il changer d'avis?

par
lematin.ch
Christophe Darbellay lance un appel au Conseil fédéral pour qu'il prenne au sérieux la situation des petits patrons et autres indépendants empêchés de travailler par l'état d'urgence depuis le 16 mars dernier.

Christophe Darbellay lance un appel au Conseil fédéral pour qu'il prenne au sérieux la situation des petits patrons et autres indépendants empêchés de travailler par l'état d'urgence depuis le 16 mars dernier.

Adrien Perritaz, Keystone

Les 3320 francs proposés par le Conseil fédéral pour indemniser les entrepreneurs indépendants pour la cessation obligatoire de leurs activités restent en travers de la gorge de beaucoup d'entre eux. Sur ce point, cette mesure du Conseil fédéral reste une demi-mesure, même si le montant n'est pas réduit de 20%. Il faudrait le double pour que ces petits entrepreneurs puissent espérer reprendre une activité économique dans des conditions financières acceptables.

Guy Parmelin interpellé

Le fait que ces petits patrons soient moins indemnisés que leurs propres employés est aussi un affront qu'on leur fait, comme le relève le conseiller d'Etat valaisan Christophe Darbellay. Celui-ci a écrit à Guy Parmelin pour lui demander de revoir sa politique sur ce point, qui concerne des centaines de milliers de personnes et leur famille en Suisse.

Une fuite en avant anxiogène

La stratégie du Conseil fédéral visant à fournir les banques en argent pour qu'elles le prêtent aux entreprises peut fonctionner pour ceux qui ont les reins solides. L'adage qu'on ne prête bien qu'aux riches ne perd pas de sa vérité... Pour beaucoup de petites entreprises plus vulnérables, s'endetter dans une telle période est une fuite en avant irréaliste.

Un avant et un après

On sent que les faîtières économiques de ce pays sont pressées de vouloir tourner la page. Les voilà qui prient déjà le Conseil fédéral de ne pas reconduire l'état d'urgence au-delà du 19 avril. Mais on ne sortira pas de cette crise aussi facilement que d'appuyer sur l'interrupteur de la lumière. Il faut se préparer à un marathon, dit Alain Berset. Avec le coronavirus, il y a un avant et il y aura un après, dont on ne connaît pas les contours les plus dangereux.

Ne pas encombrer les offices

Qu'importe la longueur de cette période, deux, trois ou six mois, il faut qu'à la sortie, la petite économie, celle des boutiques, des magasins, des salons ou des cafés, puisse reprendre sans avoir à traîner des piles de factures qui vont finir par encombrer les offices de poursuite. Donner le double de 3320 francs aujourd'hui, ce n'est pas gaspiller de l'argent, mais c'est investir dans la période de reprise, où la confiance des acteurs sera déterminante pour repartir d'un bon pied.

Eric Felley

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