23.07.2020 à 14:35

EPFL

On pourra avoir le sens du toucher même en réalité virtuelle

Des chercheurs de l’EPFL ont créé des petites capsules pouvant se gonfler afin de reproduire la sensation d’avoir un objet entre les doigts.

Les utilisateurs pourront avoir la sensation de tenir un objet solide alors qu’il n’y aura que du vide. (image d’illustration)

Les utilisateurs pourront avoir la sensation de tenir un objet solide alors qu’il n’y aura que du vide. (image d’illustration)

KEYSTONE

Des chercheurs de l’EPFL ont créé des actionneurs souples pour reproduire la sensation d’un objet entre les doigts. Le but est d’ajouter l’impression du toucher à la réalité virtuelle.

En réalité virtuelle, les objets que l’on saisit n’existent pas. Le sens du toucher manque à celui de la vue. Sur le campus de l’EPFL à Neuchâtel, Herbert Shea, qui travaille depuis longtemps sur des muscles et moteurs artificiels à base de silicone, s’est demandé comment rendre une tasse ou un stylo palpables sans que ces derniers soient constitués de matière bien réelle.

«Avec mon équipe, nous avons créé des actionneurs de petite taille, rapides et minces. Ils prennent la forme de poches millimétriques qui se gonflent et se dégonflent en fonction de l’énergie électrostatique qui leur est donnée», explique le Professeur Shea, cité jeudi dans un communiqué de l’EPFL.

La capsule est formée d’une membrane isolante en silicone et remplie d’huile. Chaque bulle est reliée à quatre électrodes qui fonctionnent comme des fermetures éclair. Quand la tension électrique est activée, les électrodes se rapprochent et font enfler les capsules telles des cloques.

La sensation d’un objet

Les capsules, appelées Haxel, peuvent se gonfler de haut en bas, de gauche à droite ou de manière circulaire. «Lorsqu’elles sont placées sous les doigts, nous avons la possibilité de reconstruire la sensation d’un objet bien concret», révèle le professeur, à la tête du Laboratoire des transducteurs souples de la Faculté des Sciences et Techniques de l’Ingénieur.

L’équipe d’Herbert Shea travaille déjà sur le fait d’intégrer une dizaine de ces capsules à un gant: «Ces capsules seront combinées à un autre système sur le dos de la main qui peut bloquer les doigts pour les empêcher de pénétrer dans l’objet virtuel. On aura ainsi la sensation de tenir un objet solide alors qu’il n’y aura que du vide».

«Nous pourrons également transmettre un effet de matière: l’utilisateur fera la différence s’il tient un ustensile en bois, en plastique ou en céramique. Cela servira aux Jeux vidéo, mais aussi pour les simulations en chirurgie», ajoute le spécialiste.

Pour que la découverte soit fonctionnelle, il faut encore créer le logiciel qui permettra de programmer la sensation des objets et leur poids dans les gants. La recherche est publiée dans la revue Advanced Materials.

(ATS/NXP)

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