Actualisé 04.12.2019 à 09:56

Al Pacino: «Avec Bob, nous sommes comme des frères»

Interview

A 79 ans, le comédien a conservé toute sa verve et son énergie. Actuellement sur Netflix dans «The Irishman», il nous parle de sa relation étroite avec Robert De Niro et de ses 3 enfants.

par
lematin.ch

Notre interview d'Al Pacino.

Martin Scorsese, Robert De Niro, Al Pacino et Joe Pesci: c'est le quatuor mythique de «The Irishman», saga de près de 3h30 actuellement sur Netflix. Lematin.ch a rencontré celui qui a incarné à la fois Michael Corleone dans «Le Parrain», Frank Serpico dans «Serpico» et Tony Montana dans «Scarface». Un mythe.

Al Pacino, votre nom et celui de Robert De Niro sont associés au cinéma depuis des décennies. Comment expliquez-vous cela?

Nous avons une relation étroite et intime même si nous ne nous voyons pas souvent. Nous avions 20 ans ou presque lorsque nous nous sommes rencontrés sur la 14e rue de Manhattan. Je vivais avec mon extraordinaire girlfriend, Jill Clayburgh, qui a quitté ce monde beaucoup trop jeune. C'est Jill qui m'a présenté Bob car ils avaient travaillé ensemble pour des films de Brian De Palma. De Niro était inconnu du grand public à l'époque mais j'ai tout de suite compris qu'il était un grand comédien. Nous sommes devenus comme des frères et nous avons traversé de nombreuses épreuves ensemble dans nos vies privées. Pour «The Irishman», c'est Bob qui a dit à Marty (Martin Scorsese) de me donner ce rôle. (Rires.) Cette histoire d'un tueur de la mafia au fil des décennies est l'idée de DeNiro. Il travaille dessus depuis des années. Sans lui et sans Scorsese, le film n'aurait jamais vu le jour.

Avez-vous toujours su que vous seriez comédien?

Je n'ai jamais imaginé faire un autre job. Je devais avoir 12 ou 13 ans et j'étais déjà sur une scène de théâtre lorsqu'un gars est venu me voir après la représentation pour me dire que j'étais le futur Marlon Brando. Je lui ai répondu «C'est qui Marlon Brando?» (Rires.) J'ai dû arrêter l'école très jeune car ma mère était malade et j'ai enchaîné les jobs pour aider financièrement. J'ai notamment été coursier à vélo à 16 ans et j'ai traversé New York onze heures par jour pour porter des paquets ou des plis. Mais être acteur a toujours été mon seul objectif. Tous mes enfants suivent mes traces dans le monde du spectacle d'une manière ou d'une autre. Je leur raconte souvent mes histoires de jeunes comédiens.

Votre belle fille, Camila Morone est mannequin mais aussi la star de son premier grand film «Mickey & the Bear». Quels conseils lui avez-vous donné?

Je lui ai dit de rester elle-même car, quoi qu'elle fasse, Camilla est naturelle à l'écran. On prend plaisir à la regarder. Parfois, on voit quand un acteur joue la comédie. On ressent qu'il est différent de sa personnalité car il est connecté à son rôle.

Votre fille aînée, Julie (30 ans), est, elle, productrice, exact?

Oui, elle est en train de se lancer dans cet aspect du showbiz. Même si cela fait quinze ans qu'elle travaille sur cela. Ce qui m'impressionne le plus chez tous mes jeunes, c'est leur désir de réussir.

Que dire de vos autres enfants?

Mon fils, Anton (18 ans), a son propre appartement à présent et il est créé ses propres jeux vidéos et ses histoires. Mon autre fille, Olivia (18 ans), vient de terminer ses études et elle a un petit copain. Elle était avec moi à la première de «The Irishman».

Que peut-on vous souhaiter pour 2020 ?

Souhaitez moi d'être en vie jusqu'en 2030 ou au delà et de continuer à jouer la comédie. (Rires.)

Henry Arnaud, Hollywood

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