Retraites: Alain Berset à propos de l’AVS 21: «Cette réforme est nécessaire»

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RetraitesAlain Berset à propos de l’AVS 21: «Cette réforme est nécessaire»

Le Conseil fédéral a présenté lundi ses arguments en vue des votations de septembre. Environ 18,5 milliards vont manquer ces 10 prochaines années, a rappelé le ministre de la Santé.

Alain Berset (ici en décembre 2021) a défendu les deux réformes qui visent à stabiliser les finances de l’AVS.

Alain Berset (ici en décembre 2021) a défendu les deux réformes qui visent à stabiliser les finances de l’AVS.

20min/Simon Glauser

«Depuis 25 ans, toutes les tentatives de réformes ont échoué» dans le domaine de l’AVS a rappelé lundi à Berne le conseiller fédéral Alain Berset. Il présentait la position du Conseil fédéral et du Parlement sur les deux objets soumis à votation le 25 septembre prochain. Le premier, aussi appelé AVS 21, est le plus controversé car il vise, entre autres, à relever l’âge de la retraite des femmes à 65 ans. Le second objet concerne un financement additionnel de l’AVS par une hausse de la TVA.

La Réforme fiscale et de financement de l’AVS avait bien passé le cap des votations en 2019, «mais ce n’est pas suffisant», a prévenu Alain Berset. Selon les estimations présentées lundi, il manquera 18,5 milliards de francs dans les caisses de la Confédération pour financer l’AVS ces 10 prochaines années. En cause: la génération des baby-boomers qui arrivent à l’âge de la retraite ainsi que l’espérance de vie qui est en hausse, prolongeant la durée du versement des rentes, analyse le Conseil fédéral.

Les femmes sont «mieux formées et vivent plus longtemps»

Les dépenses seront donc plus importantes que les recettes dès 2025 et pour trouver un équilibre, «cette réforme est nécessaire», a affirmé Alain Berset, appelant à glisser un double oui dans les urnes cet automne. Le projet AVS 21 et le rehaussement de l’âge de la retraite pour les femmes ont suscité un tollé, particulièrement à gauche. Une manifestation réunissant 15’000 personnes avait eu lieu en septembre à Berne. Le référendum demandant le refus de cette réforme était un des thèmes centraux de la grève des femmes le 14 juin.

Face à ces critiques, le Conseil fédéral répond dans un communiqué que «les femmes sont aujourd’hui mieux formées que par le passé, exercent pour la plupart une activité lucrative et vivent plus longtemps que les hommes.» Le gouvernement promet que «les mesures de compensation permettront d’atténuer les conséquences de la réforme pour les femmes qui sont proches de l’âge de la retraite. Près d’un tiers des économies réalisées grâce à la réforme seront ainsi redistribuées aux femmes.» Les femmes à bas revenus seront mieux loties, promettent également les partisans de la réforme.

Alain Berset a aussi souligné que les deux objets concernant l’AVS devaient être acceptés tous les deux le 25 septembre, sans quoi «la réforme dans son ensemble échouerait».

Des retraites partielles possibles

La réforme AVS 21 se veut aussi plus flexible dans la manière d’aborder le passage à la retraite. La rente pourra commencer à être perçue à partir de n’importe quel mois entre 63 et 70 ans, et il sera désormais possible de n’anticiper qu’une partie de la rente. Tout comme le nouvel âge de référence fixé à 65 ans, cette plus grande flexibilité s’appliquera également à la prévoyance professionnelle. La réforme incite en outre à poursuivre une activité lucrative après 65 ans. Les personnes qui continuent de travailler et de cotiser après l’âge de référence pourront améliorer leur rente AVS, pour autant que cette dernière n’atteigne pas le montant maximal de 2390 francs (3585 francs pour les couples).

(Comm/jba)

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