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EditorialAlain Berset: un pied sur les gaz et un pied sur les freins

Avec sa formule «aussi vite que possible, mais aussi lentement que nécessaire», le ministre de la santé a provoqué un instant de grâce avant la sortie du tunnel.

par
lematin.ch
Depuis le début de la crise, Alain Berset a porté la voix du Conseil fédéral avec un calme imperturbable.

Depuis le début de la crise, Alain Berset a porté la voix du Conseil fédéral avec un calme imperturbable.

Peter Klaunzer, Keystone

«Hâte-toi lentement», ou «Festina lente» en latin, était la devise de l'empereur Auguste ou des Médicis. C'est aussi la devise de la marque d'horlogerie suisse Festina et de son équipe espagnole de cyclisme. Jeudi, Alain Berset l'a reprise à son compte pour qualifier la sortie de crise du coronavirus: «Nous souhaitons agir aussi vite que possible, mais aussi lentement que nécessaire».

Un petit «oui», un grand «mais»

Cette formule restera dans l'histoire de cette crise comme un instant suspendu en l'air, où la quintessence du consensus helvétique a été atteinte. Après deux semaines de pression politique pour que la Suisse se remette à penser à son PIB, le ministre de la santé a trouvé la parade. Il répond «oui » aux impatients et «mais» à tous ceux qui craignent un retour de manivelle du virus.

Peu équitable pour le petit commerce

On appuie un peu sur l'accélérateur, mais on garde le pied bien sur le frein. Et, comme dans la conduite sur neige, on finira par sortir de la gonfle... Bien entendu, certains trouvent l'ouverture trop timide, voire inéquitable. Il est vrai que les supermarchés pourront dès le 27 avril vendre l'entier de leur assortiment, tandis que les boutiques de vêtements, les librairies, les papeteries ou les bijouteries devront rester fermées. Cette inégalité de traitement devrait être plus rapidement corrigée. Pour les livres en tout cas, si chers au ministre de la culture.

L'impossible est en cours

À l'inverse, personne ne lui a reproché d'aller trop vite... Les cafés et des restaurants devront-ils attendre le mois de juin pour pouvoir rouvrir, comme il a été dit, mais sans être confirmé par le Conseil fédéral? Cela fait loin pour tous les tenanciers et clients de ce pays. Au final, ces petits patrons auraient perdu quasiment quatre mois de chiffre d'affaires. Là encore, il faut espérer que la situation s'améliore plus rapidement et qu'Alain Berset puisse accélérer un peu. Sinon, il dira: le possible est déjà fait, l'impossible est en cours et pour les miracles, prévoir encore un délai...

Eric Felley

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