Éditorial - Alain Berset veut croire au bout du tunnel
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ÉditorialAlain Berset veut croire au bout du tunnel

Les éléments sont en place pour ne pas revivre l’été 2020, qui a conduit à la deuxième vague meurtrière de l’automne dernier.

par
Eric Felley
«On est plus optimiste aujourd’hui» a déclaré Alain Berset au sujet de la fin de cette épidémie.

«On est plus optimiste aujourd’hui» a déclaré Alain Berset au sujet de la fin de cette épidémie.

AFP

30 personnes à la maison, 50 au théâtre, 100 au concert à l’intérieur, 300 dehors, 4 convives à table dedans mais 6 en terrasse, 4 personnes pour la danse de salon, 10 m² pour la fanfare et le yoga, mais 15 m² pour le wellness… Les décisions annoncées ce mercredi sont de l’épicerie fine, au point qu’il faudrait porter sur soi un pense-bête avant de s’aventurer quelque part. Ceux qui espéraient ne pas avoir un embrouillamini de mesures en sont pour leurs frais.

Cela dit, le nouveau pas franchi par le Conseil fédéral vers un retour à la normale nous ramène à l’été dernier, où la Suisse a fait le même exercice. Début juin 2020, il n’y avait quasi plus de cas de coronavirus dans le pays. L’été fut quasi libre. Mais le feu couvait sous la cendre et l’épidémie a repris pour incendier la maison au mois d’octobre, puis tout l’hiver. Aujourd’hui, l’évolution de la vaccination est un élément nouveau, qui laisse penser que cela ne se reproduira pas. Et puis, comme aime le faire entendre Alain Berset, on est plus malin qu’avant: on vaccine, on teste, on trace et on se protège les uns les autres avec masque et distance.

Le Conseil fédéral ne va-t-il pas trop vite?

«Ce n’est pas encore le retour à la normale, mais chaque jour nous rapproche de la sortie de cette épidémie». Le ministre de la Santé a eu cette remarque très volontariste. On le sent parfois lassé par la longueur de l’exercice Covid qu’il porte souvent seul au Conseil fédéral. Cette fois, il n’y a qu’une direction possible: la sortie du tunnel. Mais, poussé par les impatients, le Conseil fédéral ne va-t-il pas trop vite? Alain Berset ne s’est-il pas départi de sa prudence coutumière sous la pression des milieux de l’économie? Au milieu de tous ces rassemblements, un nouveau variant ne va-t-il pas trouver son terrain de jeu?

«On n’est jamais sûr de rien…», a-t-il admis. Chat échaudé craint l’eau froide… Mais plus loin, il s’est repris: «On est plus optimiste aujourd’hui… Je serai très triste et très déçu que cela ne se passe pas comme on l’a prévu». Les trois millions de personnes, qui ont déjà eu au moins une première dose de vaccin en Suisse, ne souhaitent sûrement pas le voir attristé ces prochains mois.

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