Football - Alain Geiger prévient ses joueurs: «Pour un derby, il faut être réveillé»
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FootballAlain Geiger prévient ses joueurs: «Pour un derby, il faut être réveillé»

Après quatre matches sans victoire, Servette doit relancer la machine. Les Grenat reçoivent Sion dimanche (16h30), avec l’ambition de faire parler le jeu.

par
Valentin Schnorhk
Alain Geiger a poussé sa petite gueulante pendant la semaine.

Alain Geiger a poussé sa petite gueulante pendant la semaine.

Lafargue

Une semaine d’entraînement n’est pas une répétition de séances équivalentes les unes aux autres. Il s’agit de composer avec les états de fraîcheurs mentale et physique d’un groupe. Les séances les plus importantes, les plus décisives pour donner les orientations cardinales en vue du week-end ont souvent lieu en milieu de semaine, deux ou trois jours avant la rencontre. C’est là que l’entraîneur est exigeant et qu’il attend de son équipe qu’elle fasse preuve de disponibilité.

Jeudi, il y a donc eu cette scène au terme de l’entraînement quotidien de Servette. Alain Geiger a haussé le ton, comme rarement. Le technicien grenat a rappelé à tous l’importance d’être concernés et appliqués. Surtout une semaine de derby. Épisode anodin dans la vie d’un club? Probablement. Même si depuis leur retour en Super League, les Grenat n’ont toujours pas battu Sion à La Praille. C’est dire si la rencontre de dimanche (16h30) peut être source d’un peu plus de tension qu’à l’accoutumée.

«Des fois, c’est bien de gueuler. Nous étions un peu au ralenti, et il faut parfois que le coach secoue un peu tout ça.»

Alain Geiger, entraîneur de Servette

«Des fois, c’est bien de gueuler, sourit Geiger. Nous étions un peu au ralenti, et il faut parfois que le coach secoue un peu tout ça. Nous savons que nous, nous sommes meilleurs quand nous sommes spontanés. Il fallait réveiller un peu tout le monde. Parce que, pour un derby, il faut être réveillé! Nous devons conserver l’acquis que nous avons sur Sion (ndlr: les Genevois, 6es, ont 3 points d’avance sur les Valaisans, 8es), et même le doubler si possible.»

«Toujours 3 points en jeu»

Pas d’agitation à Servette. Mais une pression supplémentaire, après quatre matches sans gagner. «Au-delà du derby, ce sont surtout 3 points qu’il y a à aller chercher, recadre l’entraîneur grenat. On sait qu’il y a plus de rivalités, plus de duels et qu’il faut s’en imprégner, mais au final, il y a toujours 3 points en jeu. Et vu ce qu’on a montré ces derniers temps, nous devons aller chercher cette victoire. Nous marquons moins de buts. Mais nous devons trouver la solution pour gagner ce match. Nous devrons présenter quelque chose.» Et c’est aussi tout l’enjeu pour les Servettiens.

Car Alain Geiger a peu de doute de ce qui sera opposé à son équipe. Il a bien sûr vu le premier match de Paolo Tramezzani à la tête des Sédunois contre Bâle la semaine passée (victoire 1-0 des Rhénans). «Nous devrons faire face à un bloc bas, avec une équipe qui a des individualités, des beaux gabarits sur les phases arrêtées, anticipe-t-il. À travers notre possession du ballon, il s’agira de trouver la faille. Nous n’avons pas d’autre possibilité que cette maîtrise. Il faut que nous trouvions le décalage, que nous trouvions «Mica» (Stevanovic) plus haut. C’est à moi de trouver les mots et les positions justes pour que nous y parvenions.»

Manque de créativité

C’est un défi pour Servette, qui n’a pas encore vraiment assimilé le jeu qui lui convient le mieux cette saison. Le 25 septembre, contre Lausanne, les Grenat avaient peiné à se dégager des espaces et des occasions face à une défense attentiste et compacte. «Pour créer, il est important d’amener de la surprise, cible Geiger. Car ne faire que de la conservation n’apporte pas grande chose. Nous manquons parfois de rythme, d’appels qui puissent déstabiliser l’adversaire.» Pas une raison pour tout changer. L’entraîneur grenat fait rarement évoluer du tout au tout sa formation: «Dans le fond, nous avons des joueurs qui s’inscrivent dans le même registre de jeu», dit-il, justifiant de ne pas s’adapter à l’adversaire. Ainsi, dimanche, seul David Douline devrait venir remplacer Boris Cespedes (suspendu) devant la défense.

Une manière de croire en son idée, de s’y attacher et de la développer sur le long terme. Même s’il faudra bien finir par en récolter les fruits, avec des résultats probants. À voir si la gueulante aura fait son effet dimanche.

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