Qatar 2022: Alain Sutter: «Non, je n’aurais pas porté le brassard LGBT»

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Qatar 2022Alain Sutter: «Non, je n’aurais pas porté le brassard LGBT»

L’ex-milieu offensif de l’équipe de Suisse, connu pour sa conscience politique («Stop it Chirac»), donne son point de vue sur un dossier plus actuel, en marge du Mondial 2022 au Qatar.

par
Simon Meier
(Doha)
Alain Sutter, aujourd’hui directeur sportif du FC Saint-Gall, a été invité au Qatar par la FIFA. 

Alain Sutter, aujourd’hui directeur sportif du FC Saint-Gall, a été invité au Qatar par la FIFA. 

imago images/Geisser

Alain Sutter, invité par la FIFA au Qatar, était lundi en visite au Musée olympique et sportif de Doha. Après avoir découvert les lieux, puis tapé dans le ballon avec Valon Behrami et quelques enfants, l’ex-milieu de terrain de l’équipe de Suisse (62 sélections entre 1985 et 1996) a d’abord brièvement évoqué le huitième de finale que la sélection helvétique jouera mardi contre le Portugal.

Les joueurs de Murat Yakin peuvent-ils rejoindre leurs glorieux aînés de 1954 et propulser à nouveau la Suisse en quart de finale d’une Coupe du monde? Le Bernois de 54 ans, qui avait été l’un des héros de l’édition 1994 aux Etats-Unis, répond mi-optimiste, mi prudent: «Par rapport à 2018, cette équipe de Suisse a encore franchi un cap, il y a plus d’expérience et je pense qu’elle a les qualités pour rivaliser, estime-t-il avant de tempérer. En termes de talent individuel, le Portugal est à mes yeux l’une des meilleures équipes de ce tournoi, on a vraiment affaire à un adversaire de très haut niveau.»

Pro Ronaldo

S’il ne se mouille pas trop rayon pronostic, Alain Sutter se montre catégorique à propos du débat que beaucoup mènent à propos de la titularisation - ou non - de Cristiano Ronaldo dans les rangs lusitaniens: «Pour moi, il n’y a aucune question à ce sujet. Quand tu as un joueur comme Cristiano Ronaldo dans ton équipe, elle  est automatiquement meilleure que s’il n’y était pas.»

«Ce que je pense n’est pas forcément la vérité. Il y a beaucoup de vérités possibles, de façons différentes d’envisager la vie.»

Alain Sutter, ex-international suisse

L’ex-joueur de GC et du Bayern notamment, connu pour ses longs cheveux blonds et ses folles chevauchées, est aussi resté dans les mémoires grâce à la conscience humaniste et politique dont il avait fait preuve en tant que footballeur - chose rare. Il avait été à l’origine de la banderole déployée par l’équipe de Suisse le 6 septembre 1995 à Göteborg, lors d’un match de qualification pour l’Euro 1996: «Stop it Chirac», exhortait le grand bout de tissu à l’attention du tout nouveau président français, qui venait d’ordonner la reprise d’essais nucléaires dans le Pacifique.

Au coeur d’une Coupe du monde qui a soulevé beaucoup de questions - et d’indignation parfois - sur des thèmes extra-sportifs, c’était l’occasion de brancher l’ex-consultant de la télévision alémanique. Ce brassard de capitaine arc-en-ciel en faveur de la non-discrimination, que plusieurs équipes dont la Suisse ont voulu arborer avant d’y renoncer, l’aurait-il enfilé autour de son bras? «Nous n’avons pas assez de temps pour mener une aussi longue discussion, mais pour faire court: non, je n’aurais pas porté ce brassard», a d’abord tranché Alain Sutter. Pourquoi? «J’avais dit que je ferais court», esquive-t-il, avant d’être réquisitionné pour quelques photos souvenirs.

Quelques minutes plus tard, le temps d’une plus ample réflexion, l’ex-flamboyant gaucher développe son opinion: «Il s’agit d’une question de respect envers la culture, envers le pays qui nous accueille, explique celui qui a suivi tous les matches de la Suisse au Qatar, mais qui rentrera au pays quel que soit le résultat face au Portugal. C’est quelque chose que j’ai appris dans ma vie: le monde est divers, il y a des mentalités différentes, des vérités différentes et des façons de vivre différentes. Donc quand on parle de respect, cela en fait partie. Lorsqu’on se rend dans un autre pays, on se comporte selon les règles qui y sont en vigueur. Nous attendons exactement la même chose des gens qui viennent chez nous. Et par ailleurs, je ne peux pas prétendre que ce que je pense soit forcément la vérité. Il y a beaucoup de vérités possibles, de façons différentes d’envisager la vie.»

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