Voile: Alan Roura: «Ça caille par ici»
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VoileAlan Roura: «Ça caille par ici»

Le skipper genevois Alan Roura vous emmène avec lui pour son deuxième Vendée Globe au travers de sa chronique régulière pour «LeMatin.ch».

par
Alan Roura

De retour par 56° Sud, il ne fait pas chaud par ici! Je dirais même que ça caille! Je prends mon petit café du matin au coin du moteur pour remplacer le feu de cheminée. De quoi reprendre quelques forces après une nuit assez sportive.

Pas en termes de vitesse, car j’ai dû affaler la grand voile: c’était beaucoup trop chaud de tenir le bateau, sans quille, avec d’énormes déferlantes aux fesses. Le vent moyen est de 40 nœuds avec 50 et plus en rafales. J'allais beaucoup trop vite sur la zone des glaces.

«Et tu winches autant que tu es con!»

J’ai longtemps hésité à empanner dans la nuit ou à attendre que le jour se lève. Ça aurait permis de renvoyer la GV sur l’autre bord avec le soleil peut-être au rendez-vous. Mais j’ai finalement fait ma manœuvre de nuit et renvoyé de la toile dans la foulée: au près, dans 35 nœuds, sans quille, un grand moment de bonheur…

Tu pries pour que les lattes ne se prennent pas dans le lazy-bag et tu winches autant que tu es con! Mais j’avais déjà perdu trop de temps et pas envie d'en perdre encore.

Et c’est passé. Tout a volé dans le bateau, mais c’est passé. Et ça va me permettre de faire un coup de rangement! Il est maintenant temps de retrouver une vitesse «normale». Je vais voir comment le vent se stabilise, je fais route assez Nord donc je vais retrouver pas mal de pression avant d’effectuer un nouvel empannage.

«Il devrait me rester environ 5 jours avant de passer le cap Horn»

Le vent tombe petit à petit, en ce moment j'ai 35 nœuds et ça devrait descendre jusqu'à 28. ça sera plus simple pour renvoyer grand voile. Finalement, j'ai pu naviguer sur un angle assez bas pour ne pas perdre sur mon routage d'origine. Ce n’est pas si mal.

Il devrait me rester environ 5 jours avant de passer le cap Horn, dans des conditions un peu plus cool. Toujours sportives, mais de moins en moins pires, sur un long bord en tribord de 300 milles jusqu'à attraper un vent d'une vingtaine de nœuds.

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4 commentaires
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Atm

07.01.2021, 14:25

Au moins il est pas menacé par covid

Aigles

07.01.2021, 13:22

Le cap horn approche, bien en amitiés, salutations maritimes, Alain

Bertrand Placcard

07.01.2021, 12:58

Mets le moteur en route, fils !