Voile: Alan Roura: «Je pense que je vais bien transpirer!»
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VoileAlan Roura: «Je pense que je vais bien transpirer!»

Le skipper genevois vous emmène avec lui pour son deuxième Vendée Globe au travers de sa chronique régulière pour «LeMatin.ch».

par
Alan Roura

Plus j’approche de la dorsale qui nous barre la route, plus le vent tombe petit à petit. Pour l’instant, je n’ai pas trop trop freiné, j’arrive encore à avoir un petit 10 nœuds de vent et 10 nœuds de vitesse de moyenne. Ce n’est pas si mal, j’avance plus vite que Cali (Arnaud Boissières) et Jérem’ (Jérémie Beyou).

Mais pour combien de temps? Ça je n'en sais rien, tout ce que je sais, c’est que ce sera bientôt ambiance pétole… Ou ça passe, ou je me prends un sacré wagon dans les dents.

«Je ne suis pas des plus sereins, mais je n’avais pas envie de suivre comme un mouton»

J'ai pensé à virer de bord et faire de l’Ouest pendant 80 milles, histoire de toucher du vent, comme eux. Mais ce détour m’aurait coûté trop cher.

Je ne suis pas des plus sereins, mais je n’avais pas envie de suivre comme un mouton. Il faut savoir prendre des risques et avec mon bateau diminué, je ne peux pas faire les mêmes choix que ceux qui ont une quille qui bascule.

Je vais attendre le prochain fichier, voir ce qu'il dit. Si je me fais prendre, je vais avoir beaucoup de peine à rattraper Cali, mais pour le moment je tiens bon, je tiens la marée et j'espère que ça passe. Je veux tenter, quitte à perdre, ça reste un jeu après tout…

«J'ai une telle hargne de remonter que je vais bien trouver de nouvelles ressources»

Un café et un fichier météo plus tard, je suis en train de me dire que ça va être compliqué de passer. Ça change sans arrêt: parfois ça ne passe pas trop mal et au fichier d’après, c'est l'inverse. Ce passage va se jouer à 20 milles: une météo précise à 20 milles, c'est compliqué! Et pour faire marcher La Fabrique dans le petit temps, c'est un sacré exercice! Mais j'ai une telle hargne de remonter que je vais bien trouver de nouvelles ressources.

Ça va commencer par un déménagement de l'intérieur: je vais bouger tout ce que je trouve à l'étrave, pour faire sortir le train arrière assez en forme de mon beau bateau, histoire d'avoir moins de surface mouillée. Ça veut dire envoyer environ 800 kg vers l’avant. Sous 30°C. Je pense que je vais bien transpirer!

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