Chronique - Alan Roura: «Je veux porter un projet suisse»
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ChroniqueAlan Roura: «Je veux porter un projet suisse»

Retrouvez la chronique que le marin genevois tient dans «Le Matin Dimanche».

par
Alan Roura
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Depuis la fin du Vendée Globe, j’ai entamé un marathon qui est bien plus éprouvant que la course elle-même. Entre les rendez-vous avec les médias et les sponsors, j’ai pu m’accorder une seule journée de congé depuis mon retour sur la terre ferme, le 11 février, c’est dire! Beaucoup d’allers-retours entre la Suisse et ma base de Lorient, beaucoup d’e-mails, de téléphones, de visioconférences, ça n’arrête pas!

En ce moment, la tension est clairement montée d’un cran: je dois trouver un nouveau budget, parce que j’arrive à la fin de mon contrat avec La Fabrique dans deux mois. Mon équipe est toujours là, mais je n’ai bientôt plus de quoi la payer. Cette incertitude est pesante: pour moi d’abord, mais aussi pour mes gars. J’aimerais continuer l’aventure avec eux, mais en même temps je ne peux pas les bloquer indéfiniment parce que je ne sais pas encore de quoi l’avenir sera fait. Être skipper, c’est être un chef d’entreprise, il faut gérer tous les tracas qui vont avec.

Pour l’instant, on s’est concentrés sur la remise en état du bateau, parce qu’on cherche à le vendre. C’est une bonne affaire, à saisir clés en main! Il est refait au propre, tout est nickel. L’heureux élu n’aura qu’à tourner la clé pour partir avec la conscience tranquille. Un bateau solide et fiable comme celui-là, ça ne court pas les rues.

L’idée, pour la prochaine aventure, c’est de construire à partir de zéro un bateau pour jouer la gagne. Mais le temps presse, parce que si je veux participer à la Route du Rhum 2022, j’ai grosso modo un mois pour valider la construction. Émotionnellement, le timing est pesant, c’est plus dur qu’un Vendée Globe; en même temps, c’est motivant parce que c’est vraiment le money time pour repartir sur un nouveau projet. C’est dans cette optique que je cherche un partenaire suisse, pour porter un projet 100% helvétique autour du monde. C’est une perspective qui me tient à cœur, je veux un truc qui me ressemble, qui porte nos valeurs, par exemple en réduisant l’empreinte carbone au maximum.

J’ai déjà plusieurs touches avec des partenaires, mais le grand coup de foudre ne s’est pas encore concrétisé. D’autres rendez-vous avec des sponsors importants sont déjà agendés. Ne comptez pas sur moi pour baisser les bras! Déjà parce que je suis d’un naturel confiant, ensuite parce que je crois en ma bonne étoile, celle qui m’a permis, à 28 ans, d’avoir déjà deux tours du monde à mon actif. Mais je dois avouer que c’est un peu le yoyo émotionnel, des fois je suis persuadé que ça va le faire, d’autres je me dis que c’est mal barré. Mais les moments de déprime, comme sur un Vendée Globe, font partie de l’aventure. Alors ne vous faites pas de souci pour moi, je vais gérer!

Cette chronique est assurée en alternance par Julien Wanders, Théo Gmür, Alan Roura et Stefan Küng.

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