Syrie: Alep replonge dans l'enfer des raids russes
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SyrieAlep replonge dans l'enfer des raids russes

Au moins 25 civils ont péri dans les bombardements aériens russes, «les plus violents» depuis des jours.

AFP

L'aviation russe a recommencé à pilonner les quartiers rebelles d'Alep, après plusieurs jours de calme relatif, ont déclaré mardi un chef rebelle et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Au moins 25 civils ont été tués dans ces bombardements.

Les raids visent essentiellement les quartiers de Boustane al-Qasr et de Ferdous, ont précisé le responsable rebelle Zakaria Malhifji, du groupe Fastakim, et Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. Selon M. Malhifji, ces bombardements sont «intensifs».

«Il s'agit des raids aériens russes les plus violents depuis que le régime a annoncé une réduction des bombardements sur la partie orientale d'Alep» mercredi dernier, a renchéri Rami Abdel Rahmane. «Il y a encore des gens sous les décombres», a-t-il précisé.

Les sauveteurs creusent à la main

Depuis le début de l'offensive d'envergure de l'armée le 22 septembre à Alep, les forces prorégime progressent rue après rue pour tenter de reprendre les quartiers est d'Alep, contrôlés par les rebelles depuis 2012 et assiégés depuis plusieurs mois.

Le correspondant de l'AFP dans la partie rebelle a vu de nombreux corps déchiquetés et d'autres corps sans vie à la suite de l'effondrement d'un immeuble frappé à Boustane al-Qasr.

Des Casques blancs - les secouristes volontaires de la défense civile locale en zone rebelle - sont intervenus rapidement pour tenter de dégager, avec les mains, des rescapés dans les décombres. Selon l'OSDH, quatre enfants figurent parmi les victimes des raids.

Quatre personnes ont en outre été tuées du côté gouvernemental de la ville, à la suite de tirs de roquettes des rebelles sur le quartier de Hamdaniyé.

Enfants tués

La guerre a aussi fauché des enfants dans le sud du pays. Au moins cinq écoliers ont été tués dans un tir de roquette des rebelles sur une école primaire de la ville méridionale de Deraa, selon les médias officiels et l'OSDH. L'ONG basée en Grande-Bretagne précise que 25 personnes ont été blessées, dont certaines sont dans un état critique.

Des groupes rebelles contrôlent la majeure partie de la province de Deraa, mais son chef-lieu éponyme, considéré comme le berceau de la révolution syrienne de 2011, est principalement tenu par des forces progouvernementales.

A Damas, des obus de mortier ont été tirés mardi près de la célèbre mosquée des Ommeyades, l'un des lieux les plus prestigieux de la capitale syrienne, faisant des blessés parmi la population, a rapporté l'agence officielle Sana sans plus de précisions. Un correspondant de l'AFP à Damas a ensuite confirmé que d'intenses tirs de mortier avait touché plusieurs quartiers de la capitale.

Diplomatie au point mort

Les pourparlers entre grandes puissances pour un acheminement de l'aide humanitaire vers Alep-Est sont également au point mort. De plus, le président russe Vladimir Poutine, allié du président syrien Bachar el-Assad, a annulé une visite le 19 octobre à Paris où il devait rencontrer son homologue français François Hollande.

Autre signe de la tension actuelle dans les capitales européennes sur le dossier syrien, le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson a appelé mardi à manifester devant l'ambassade de Russie à Londres pour protester contre le rôle de Moscou en Syrie.

En déplacement lundi à Istanbul où il a rencontré son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, autre acteur-clé du conflit syrien, M. Poutine a toutefois esquissé un premier pas concernant l'aide humanitaire à Alep: «Nous avons une position commune qui est de tout faire pour livrer de l'aide humanitaire à Alep. Le problème est juste d'assurer la sécurité de ces livraisons», a-t-il dit.

Mardi, les ministres russe et iranien des affaires étrangères, Sergueï Lavrov et Mohammad Javad Zarif, qui ont dialogué au téléphone, sont convenus de la nécessité d'une nouvelle impulsion diplomatique pour tenter de résoudre la crise en Syrie, a rapporté le Kremlin.

(ats)

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