Danger: Alerte: les collyres peuvent vous empoisonner et vous tuer

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DangerAlerte: les collyres peuvent vous empoisonner et vous tuer

En Caroline du Sud, une infirmière a assassiné son mari lui faisant avaler du produit pour les yeux tout à fait ordinaire, mais très toxique par voie orale, selon le professeur lausannois Jacques Diézi.

par
Eric Felley
Les collyres, le Visine ou le Collypan contiennent de la tétrahydrozoline qui lorsqu'elle est prise par voie orale peut s'avérer très toxique et une arme mortelle à partir d'une certaine dose.

Les collyres, le Visine ou le Collypan contiennent de la tétrahydrozoline qui lorsqu'elle est prise par voie orale peut s'avérer très toxique et une arme mortelle à partir d'une certaine dose.

iStock/AndreyPopov

Une infirmière de Caroline du Sud est accusée d'un meurtre tout à fait insolite quant au moyen utilisé: des gouttes pour les yeux qu'elle a mélangé à l'eau qu'il buvait. Selon les autorités de l'Etat, Stephen Clayton, 64 ans, a été retrouvé mort le 21 juillet dernier dans la maison du couple à Clover. Sa femme, Lana Clayton, 52 ans, a finalement avoué après qu'une autopsie a révélé une grande quantité de tétrahydrozoline dans le corps de son mari.

En vente libre

Assassiner quelqu'un avec des gouttes ophtalmologiques, personne n'y avait pensé jusqu'ici, pas même Agatha Christie. La trétrahydrozoline est présente dans des produits de type collyre, Collypan, Visine ou le spray antiallergique Spersallerg. Ces produits en vente libre que l'on trouve dans presque toutes les pharmacies de ménage ont-ils un potentiel tueur que l'on ignorait ?

Pour le pharmacologue et professeur honoraire de l'Université de Lausanne, Jacques Diézi: «La tétrahydrozoline peut être d'une toxicité aiguë lorsqu'elle est prise par voie orale, mais il en faut des quantités importantes.» Dans son usage courant il s'agit d'un vasoconstricteur utilisé pour traiter les conjonctivites et en réduire l'inflammation.

Cardiaques plus vulnérables

«La littérature montre qu'il y a des accidents en pédiatrie ou les enfants peuvent l'avaler, relève le professeur. J'ai trouvé un cas d'intoxication chez l'adulte. Une jeune femme de 17 ans avait avalé l'équivalent d'une cuillère à soupe de Collyre soit 10 à 15 ml avec 0,05% de tétrahydrozoline. Les symptômes ont affecté la fonction cardio-musculaire et le système nerveux central. Chez cette femme, ils ont duré 36 heures, mais elle n'est pas morte.»

A partir de quelle dose, le produit devient létal ? «Je n'ai pas trouvé de rapport de mortalité pour ce produit. Les personnes qui ont des maladies cardiaques ou qui font de l'hypertension artérielle sont plus vulnérables». Peut-être était-ce que le cas du mari, dont la femme infirmière de Caroline du Sud avait deviné le point faible...

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