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FootballAlex Schalk raconte son arrivée au Japon

L’ex-Servettien fait le bonheur d’Urawa Red, lui qui a déjà marqué trois buts en Ligue des champions asiatique. On l’a appelé.

par
Daniel Visentini
Alex Schalk sous ses nouvelles couleurs d’Urawa Reds, pendant un match de Ligue des champions asiatique. Il a inscrit trois buts en trois matches en phase de groupe.

Alex Schalk sous ses nouvelles couleurs d’Urawa Reds, pendant un match de Ligue des champions asiatique. Il a inscrit trois buts en trois matches en phase de groupe.

AFP

À l’heure où Servette sèche sur sa copie au moment de pousser la balle au fond des filets, Alex Schalk, ex-Grenat depuis fin mars, cartonne. Trois buts en trois matches sur six de Ligue des champions disputée avec son nouveau club, Urawa Reds. On l’a appelé pour qu’il nous raconte tout ça.

Alex, comment s’est passée votre arrivée au Japon, il y a un peu plus d’un mois maintenant?

C’était stressant dans les préparatifs. Quitter Servette, Genève, retourner aux Pays-Bas et, de là-bas, s’envoler pour Tokyo. J’ai dû observer une quarantaine de trois jours en arrivant sur place. À l’hôtel, où je réside encore aujourd’hui. Après, j’ai pu sortir, m’entraîner avec ma nouvelle équipe. Et le week-end suivant, j’ai disputé mes premières minutes en championnat.

En fin de match?

Oui, neuf minutes. Mais après le transfert, le voyage et trois jours d’entraînement seulement, c’était normal.

Il y a ensuite eu la Ligue des champions asiatique. Mais pas au Japon?

Non, tout le groupe a été déplacé en Thaïlande, à Buriram. Pour des raisons liées au Covid. On a joué les six matches de groupe sur place, en trois semaines. En fait, je viens de rentrer ce lundi. Et on a tous dû observer une quarantaine de trois jours au retour, lundi passé. Du coup, depuis que j’ai signé au Japon, j’ai passé plus de temps en Thaïlande…

Mais pour la bonne cause, la Ligue des champions. Et avec trois buts à la clé pour vous!

Oui, c’est fantastique. Le plus important, ce sont les victoires. Nous avons fini à la deuxième place de notre groupe, nous sommes qualifiés pour les huitièmes de finale. C’est génial. Sur un plan personnel, c’est extraordinaire. En Ligue des champions, la règle ici, c’est trois joueurs étrangers sur la feuille de match. Et nous sommes quatre étrangers. Donc il y a eu un tournus. Sur les six matches, j’en ai joué deux, deux fois une heure environ et une mi-temps du troisième. Et j’ai inscrit trois buts, malgré un petit manque de rythme. Non, je ne pouvais pas rêver meilleurs débuts.

Schalk vient de marquer un but, ses coéquipiers viennent le célébrer avec lui.

Schalk vient de marquer un but, ses coéquipiers viennent le célébrer avec lui.

AFP

Vous devez aimer la Thaïlande, depuis, non?

Oui, bien sûr. En fait, nous étions dans une bulle. Hôtel, entraînements, matches, hôtel. Mais c’était idéal pour moi. Pour mon intégration dans le groupe, être 24 heures sur 24 avec mes nouveaux coéquipiers, pendant trois semaines, c’était parfait. J’ai pu m’adapter, nouer des relations, avec les joueurs, avec le staff technique aussi.

Qu’est-ce qui change par rapport à l’Europe?

C’est différent, tout est placé sur l’idée de la haute intensité. Et sur le respect de la hiérarchie. Et puis, sur le terrain, à l’entraînement, on ne discute pas beaucoup. Moi, j’ai un peu l’habitude de gueuler, pour qu’on me donne le ballon, ou d’encourager quelqu’un à le récupérer s’il vient de le perdre. Cela ne se fait pas trop ici, limite c’est mal vu. Mais tout se passe très bien. Sauf quand je fais une gaffe…

Comme quoi?

Il y a des comportements différents. Il faut juste le savoir et s’y adapter. Le premier jour avec l’équipe, je suis allé sous la douche avec mes shlaps, mes claquettes, quoi. Aïe! Ici, cela ne se fait pas du tout. Tout le monde m’a regardé bizarrement. Idem quand je suis allé dans la salle des physios: il faut se déchausser avant d’entrer. C’est comme cela. Pas de problème désormais.

Un autre but d’Alex Schalk, toujours la même joie partagée avec ses nouveaux coéquipiers.

Un autre but d’Alex Schalk, toujours la même joie partagée avec ses nouveaux coéquipiers.

AFP

Et pour le régime alimentaire?

Après les entraînements, nous mangeons ensemble. Il y a des chefs cuisiniers du club qui nous préparent les repas de midi. Je les ai informés que j’étais vegan sur le plan alimentaire. Cela les a surpris. Je peux comprendre. Je suis au Japon, où il y a sans doute les meilleures préparations de poisson et où la viande de bœuf est d’une qualité exceptionnelle. Mais je n’en mange pas. Cela dit, pas de souci, on me prépare des trucs spécialement pour moi, tout se passe bien.

Et le soir? Maintenant, vous allez devoir vous organiser tout seul, depuis votre retour de Thaïlande, non?

Oui, c’est compliqué parfois de faire ses courses quand tout est écrit en japonais. Mais je suis encore à l’hôtel. Et je peux y manger. Le club a bien fait les choses: il a averti le chef de l’hôtel qui sait exactement quoi me préparer pour respecter mon régime alimentaire.

Pour l’instant, vous êtes seul sur place: votre compagne et votre enfant vont-ils vous rejoindre bientôt?

Je dois d’abord trouver un appartement ou une maison, mais oui, après, nous serons réunis.

Et le japonais: vous l’apprenez?

J’ai déjà commencé des leçons, oui. J’avoue: je crois que je ne vais pas l’apprendre aussi vite que le français. C’est un peu compliqué. Mais je veux déjà, dans un premier temps, connaître les formules de politesse et quelques phrases de base. Après, on verra.

Alex: vous avez encore le temps de regarder les résultats de Servette?

Mais bien sûr! Je ne peux plus voir les matches en direct, à cause du décalage horaire. Mais je consulte les highlights à chaque fois. Je suis encore en contact régulier avec plusieurs joueurs.

Alors vous voyez les difficultés actuelles de Servette à marquer des buts. Mais vous n’êtes plus là…

Oui, tout cela est dommage. Je pense que j’avais les qualités pour continuer à jouer à Servette. Je sais que j’étais apprécié. Après, savoir pourquoi on n’a plus voulu de moi… Peut-être que le club a pensé qu’il pouvait avoir mieux que moi et c’est son droit. Mais c’est le football.

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