Actualisé 10.02.2019 à 17:00

Alex Song: «On est parfois dans une bulle»

Chronique

Découvrez la chronique du joueur du FC Sion, qui a notamment évolué à Arsenal et au FC Barcelone.

par
Alex Song
Yvain Genevay

Dix-sept jours consécutifs! Je n’avais jamais vécu un camp d’entraînement aussi long que celui que l’on vient de passer en Turquie. Avec le Rubin Kazan, mon précédent club russe, on allait chercher le soleil en hiver, mais les stages ne duraient jamais plus de dix jours. Après, on avait trois ou quatre jours off à passer en famille, avant de repartir pour un deuxième stage.

Là, pendant plus de deux semaines, je n’ai vu personne d’autre que mes coéquipiers du FC Sion. Il s’agissait d’une première pour moi, mais je peux dire que ce stage a été bénéfique pour tout le monde.

Il ne faut pas se mentir: le quotidien d’un joueur professionnel se résume la plupart du temps à s’entraîner et à rentrer chez lui retrouver sa famille. Vous n’avez pas le temps de tisser des liens avec vos coéquipiers. Et ça ne se fait pas naturellement. Par contre, là, on a eu le temps de le faire et c’est une excellente chose. Je parle par expérience: c’est pendant ces moments que vous créez cet état d’esprit et cette unité qui rendent le collectif meilleur sur le terrain. Ce n’est pas une question de niveau.

À Barcelone comme à Sion, l’important, c’est de trouver cette osmose. Même le meilleur joueur du monde, Leo Messi, en a besoin. Pendant les stages, comme toutes les autres stars du Barça, Leo retrouvait l’essence du football, celui pratiqué par les gamins. On est un groupe de potes, on passe du temps ensemble, on rigole, on apprend à se connaître. Et on progresse sur le terrain.

Évidemment, j’ai passé beaucoup de temps avec Xavier Kouassi, mon coéquipier en chambre. Mais j’ai appris à connaître mieux tout le monde et c’est important. De toute façon, c’est ça le quotidien d’un footballeur. Chaque vestiaire est différent, mais le point commun entre tous, c’est que vous devez vous intégrer le plus rapidement possible. C’est encore plus vrai aujourd’hui, avec tous les transferts: la capacité d’adaptation est primordiale.

Parmi mes meilleurs souvenirs de stage, je citerais un voyage en Malaisie avec Arsenal. On a passé du temps avec des enfants, en jouant au foot avec eux. De voir leurs regards, leur enthousiasme… Je me rappelle m’être dit que c’était incroyable le bonheur qu’on pouvait procurer à des enfants à des milliers de kilomètres, sur un autre continent. En tant que joueur pro, on est parfois dans une bulle, on ne se rend pas compte de la joie qu’on peut apporter. Encore aujourd’hui, j’ai des frissons en repensant à ces instants de partage.

Cette chronique est assurée en alternance par Clint Capela, Nico Hischier, Fanny Smith, Mujinga Kambundji et Alex Song.

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