29.10.2018 à 12:37

Alex Song: «Place aux anciens joueurs»

Football

Découvrez la chronique du joueur du FC Sion, qui a notamment évolué à Arsenal et au FC Barcelone.

par
Alex Song
Yvain Genevay

On l’a encore vu lors de la dernière Coupe du monde, le football africain peine à s’exprimer au plus haut niveau. Je parle des sélections, bien sûr, pas des joueurs. Parce que du talent, croyez-moi, il y en a en Afrique! Mais cet été en Russie, aucune des cinq sélections, du Maghreb ou d’Afrique noire, n’a passé le premier tour. Souvent, on me demande pourquoi. Et je réponds qu’il s’agit avant tout d’une question d’organisation.

Je l’ai vécu de l’intérieur, comptant une cinquantaine de sélections avec le Cameroun, donc je peux en parler. Le principal souci, c’est qu’un joueur n’est quasi jamais tranquille dans la tête lorsqu’il se retrouve en sélection, alors qu’il devrait pouvoir se concentrer sur le jeu. Il y a toujours quelque chose qui ne fonctionne pas dans la préparation d’un match, que ce soit les infrastructures, les billets d’avion ou les primes… J’ai tellement d’anecdotes à ce sujet que je pourrais écrire un livre.

Comment voulez-vous jouer une rencontre importante si la nuit d’avant vous la passez à discuter des primes de match plutôt qu’à dormir? En Europe, un joueur ne pense qu’au football. Tout le reste est préparé bien avant, discuté, en ordre. Et c’est pour ça que les clashes arrivent une fois que ces joueurs «européens» retrouvent leur sélection africaine. Ils réclament logiquement un minimum pour ce qui est de l’organisation et souvent ils ne l’obtiennent pas, parce que les gens sur place ne pensent pas au football, mais plutôt à tout le reste… Vous m’avez compris. Et je précise que ces problèmes n’existent pas qu’au Cameroun. Quand je parle avec mes amis qui jouent dans d’autres sélections, ils me racontent la même chose.

Alors, comment faire pour que les choses changent et que l’Afrique obtienne enfin des résultats en adéquation avec le talent qui existe sur ce continent? À mon avis, en donnant plus d’importance aux anciens joueurs. Ce ne sera pas mon cas, parce que je ne veux pas rester dans le milieu du football une fois que j’aurai terminé ma carrière. J’ai d’autres projets.

Par contre, Geremi Njitap, que vous connaissez sûrement, est candidat à la présidence de la Fédération camerounaise. Il a joué au Real Madrid et a connu beaucoup de succès avec les Lions Indomptables. Je souhaite qu’il soit élu et qu’il contribue à faire évoluer les mentalités, pour le bien du football camerounais.

Cette chronique est assurée en alternance par Thabo Sefolosha, Nino Niederreiter, Fanny Smith, Thomas Lüthi et Alex Song.

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!