France: Alexandre Benalla renvoyé devant le tribunal correctionnel
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FranceAlexandre Benalla renvoyé devant le tribunal correctionnel

L’ancien collaborateur du président Emmanuel Macron est accusé d’avoir utilisé indûment des passeports diplomatiques après son limogeage.

En 2019, Alexandre Benalla a déjà été entendu par un juge pour avoir usurpé la fonction de policier. Il avait été identifié sur une vidéo en train de participer à l’interpellation violente d’un manifestant le 1er mai 2018. 

En 2019, Alexandre Benalla a déjà été entendu par un juge pour avoir usurpé la fonction de policier. Il avait été identifié sur une vidéo en train de participer à l’interpellation violente d’un manifestant le 1er mai 2018.

AFP

Alexandre Benalla a été renvoyé devant un tribunal correctionnel en France au terme de l’enquête sur ses passeports diplomatiques et de service, a appris mercredi l’AFP de source judiciaire. Il s’agit du premier renvoi en procès de l’ancien collaborateur du président français Emmanuel Macron, dont le nom a émergé avec le scandale des violences commises lors d’une manifestation le 1er mai 2018 à Paris. Outre l’affaire des passeports, il est visé par cinq autres enquêtes judiciaires.

Dans une ordonnance datée du 25 janvier, les juges d’instruction chargés de ce volet ont donc renvoyé Alexandre Benalla, 30 ans, devant le tribunal correctionnel pour «usage public et sans droit de documents justifiant d’une qualité professionnelle» s’agissant de l’utilisation de deux passeports diplomatiques, et pour «faux et usage de faux» concernant son passeport de service.

Reconversion en Afrique et en Israël

L’enquête visait à éclaircir les conditions dans lesquelles l’ancien chargé de mission à la présidence française a utilisé des passeports diplomatiques pour voyager en Afrique et en Israël, où il entamait sa reconversion en tant que consultant international en sécurité, après sa mise en examen en juillet 2018 pour des violences lors de la manifestation du 1er mai et son limogeage.

Il détenait en outre un passeport de service obtenu, selon l’accusation, en produisant frauduleusement une lettre à en-tête du chef de cabinet de l’Élysée, François-Xavier Lauch, mais «dactylographiée» et non signée. Ce dernier, désormais directeur de cabinet adjoint du ministre de l’Intérieur français Gérald Darmanin, avait été convoqué en tant que partie civile après avoir porté plainte contre Alexandre Benalla, dont il était à l’époque le supérieur.

Un poison pour Macron

«Alexandre Benalla, qui avait dans un premier temps été laissé sous le statut de témoin assisté dans ce dossier, a toujours contesté les faits et leur qualification pénale», a déclaré son avocate, Me Jacqueline Laffont. «Par ailleurs, il a été démontré lors de l’instruction que la pratique administrative de l’«original signé» existait bien, et était utilisée notamment dans certains services de l’Élysée», a-t-elle ajouté.

Après avoir affirmé dans un premier temps devant le Sénat les avoir laissés dans son bureau à l’Élysée, Alexandre Benalla avait reconnu avoir récupéré et utilisé ces passeports, puis les avoir rendus. Selon les médias Mediapart et «Le Monde», il a utilisé l’un de ses deux passeports diplomatiques pour entrer dans plusieurs pays africains.

Ce scandale Benalla, déclenché avec l’affaire du 1er mai – où il avait été accusé d’usurper la fonction de policier et avait été identifié sur une vidéo en train de participer à l’interpellation violente d’un manifestant – a empoisonné le gouvernement du président Macron pendant plusieurs mois, au fil des révélations et des rebondissements.

(AFP)

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