06.10.2020 à 15:17

RussieAlexeï Navalny se donne quelques mois pour rentrer

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé qu’une substance du type Novitchok avait été trouvée dans l’organisme de l’opposant russe.

Alexeï Navalny (à gauche) a «totalement exclu» l’idée de ne pas rentrer en Russie.

Alexeï Navalny (à gauche) a «totalement exclu» l’idée de ne pas rentrer en Russie.

KEYSTONE

L’opposant russe empoisonné Alexeï Navalny se donner encore quelques mois avant de rentrer en Russie. Dans une interview accordée à un célèbre youtubeur et diffusée mardi, il confirme qu’il va de mieux en mieux.

«J’ai les mains qui tremblent, si je prends une bouteille d’eau ça va être rigolo, mais je vais vraiment beaucoup mieux», a-t-il déclaré en commençant l’entretien. C’est la première interview accordée par l’avocat et militant anticorruption de 44 ans à un journaliste russe depuis qu’il est sorti de l’hôpital berlinois où il était soigné.

«Il y a eu une période vraiment désagréable, lorsque je commençais seulement à me lever du lit (…) Ensuite, j’ai récupéré assez rapidement», a poursuivi l’opposant.

Interrogé sur la durée de sa convalescence en Allemagne, M. Navalny a répondu ne pas savoir. «Je demande aux médecins de combien de temps j’aurai besoin pour que mes mains arrêtent de trembler: ils répondent avoir peu d’expérience sur ce sujet», a-t-il déclaré en référence au Novitchok.

«Une année, je l’exclus quasiment. Mais deux mois, c’est tout à fait possible», a-t-il ajouté, assurant «totalement exclure» l’idée de ne pas rentrer en Russie.

Novitchok

Trois laboratoires européens ont conclu à son empoisonnement avec un agent neurotoxique de type Novitchok, conçu à des fins militaires à l’époque soviétique et dont les effets sur les humains sont peu connus. Mardi, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a confirmé qu’une substance du type Novitchok avait été trouvée dans l’organisme de l’opposant russe.

L’OIAC, basée à La Haye, a déclaré que les échantillons de sang et d’urine de M. Navalny contenaient un «inhibiteur de la cholinestérase», similaire à deux substances chimiques de type Novitchok interdites par l’organisation en 2019.

En pleine campagne

Critique féroce du Kremlin, Alexeï Navalny est tombé gravement malade le 20 août à bord d’un avion en Sibérie, alors qu’il était en campagne électorale avant des élections locales et régionales organisées début septembre.

L’opposant a de nouveau accusé le président russe Vladimir Poutine d’être derrière son empoisonnement, via les services secrets. «Ma version est qu’il s’agissait d’officiers du FSB (services de renseignement intérieur) ou du SVR (service des renseignements extérieurs) sur ordre bien sûr, certainement de Poutine», a-t-il déclaré.

Alexeï Navalny est sorti fin septembre de l’hôpital berlinois de la Charité, où il a été soigné pendant un mois. Il réside pour l’instant en Allemagne avec sa femme et son fils.

(ATS/NXP)

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13 commentaires
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Chenapan

06.10.2020 à 17:46

Hors sujet mais la porte est ouverte: le plexiglas du débat entre Pence et Harris sera-t-il aussi anti insultes?

Etasseur

06.10.2020 à 16:43

Il est parfaitement mensonger de prétendre qu'on ne connait pas les effets du Novitchok sur les humains, ce produit ayant plus de 50 ans et étant à disposition de tous les pays ayant appartenu au pacte de Varsovie. Ces armes chimiques, dont la Russie s'est débarrassée conformément aux accords conclus, ce que l'OIAC a vérifié et confirmé, contrairement aux Américains et aux Anglais qui s'étaient engagés à faire de même, ont été conçues pour détruire des villes, des régions ou des pays, pas pour liquider des autoproclamés opposants no 1 en Russie où ils ne pèsent qu'entre 2 et 4% d'intentions de vote (contre 13 à 18% pour les autres partis d'opposition). La réalité est que les seuls laboratoires ayant confirmé l'empoisonnement sont certes basés en Europe mais appartiennent à l'OTAN et que les Européens qui menacent la Russie de sanctions en cas de refus d'enquêter, refusent de fournir à la Russie les éléments de preuve qui permettraient d'ouvrir une enquête. Le reste est supputations

Onnesaurajamaislavérité

06.10.2020 à 15:55

Voilà qui va donner lieu à un nouvel échange de commentaires sur le fait que Navalny est sponsorisé par Soros, qu'il faut sortir les mouchoirs parce que c'est un coup monté par les méchants Américains, pour nuire une fois de plus au Maître du Kremlin; que si Poutine avait voulu l'éliminer, il n'aurait pas été soigné d'abord en Russie et ensuite laissé libre d'aller en Allemagne, etc... Voilà pour la théorie du complot d'un côté et pourtant, à l'inverse, rien ne dit que la dose de Novitchok n'ait pas été à dessein en-dessous de la norme mortelle, histoire de passer pour des victimes vis-à-vis de l'opinion publique russe. Comme toujours, avec le machiavélisme des uns et des autres, match nul, la balle au centre... !