Justice: Alger enquête sur les accusations de torture d’un étudiant
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JusticeAlger enquête sur les accusations de torture d’un étudiant

Le parquet général a ordonné dimanche l’ouverture d’une instruction après le témoignage d’un jeune homme qui a suscité un vif émoi dans le pays.

L’étudiant de 25 ans, arrêté en novembre 2019 lors d’une marche hebdomadaire de protestation antirégime, dit avoir été torturé par les services de sécurité algériens. 

L’étudiant de 25 ans, arrêté en novembre 2019 lors d’une marche hebdomadaire de protestation antirégime, dit avoir été torturé par les services de sécurité algériens.

Photo d’illustration/AFP

Le parquet général auprès de la cour d’Alger a ordonné dimanche l’ouverture d’une enquête après le témoignage d’un étudiant algérien qui affirme avoir été torturé par des membres des services de sécurité. Lors de son procès le 1er février, Walid Nekkiche, 25 ans, resté plus d’un an en détention administrative, a dit avoir été «agressé sexuellement, physiquement et verbalement» par des éléments des services de sécurité pendant une garde à vue. Un témoignage éprouvant qui a suscité une vive indignation en Algérie.

«Dans le but d’établir la vérité sur ce qui se serait passé dans l’affaire du citoyen Walid Nekkiche», le parquet a ordonné au «procureur de la République auprès du tribunal de Bir Mourad Rais de diligenter une instruction préliminaire sur les faits avancés par le concerné et a chargé la police judiciaire compétente de cette mission», selon un communiqué du parquet. La révélation des sévices infligés au jeune homme a été abondamment commentée dans certains médias et sur les réseaux sociaux.

«J’ai vécu l’enfer»

L’ouverture de l’enquête fait suite aux «réactions et commentaires» des médias qui ont été «provoqués par les déclarations du jeune étudiant», a-t-il ajouté, disant s’inquiéter pour le «respect de la liberté et de la dignité des suspects placés en garde à vue». «J’ai vécu l’enfer (…) J’ai beaucoup enduré durant ces quatorze mois de prison et surtout les six jours passés à la caserne Ben Aknoun» à Alger, a affirmé Walid Nekkiche samedi dans le quotidien francophone «Liberté».

Walid Nekkiche avait été arrêté le 26 novembre 2019 à Alger lors d’une marche hebdomadaire des étudiants du «Hirak», le mouvement de protestation antirégime né en février 2019 et suspendu depuis la crise sanitaire. Lors du procès, le procureur du tribunal de Dar El Beida à Alger avait requis la perpétuité contre l’étudiant, poursuivi pour «complot contre l’État», «atteinte à l’intégrité du territoire national» et «incitation de la population à prendre les armes», des chefs d’accusation très graves au regard de la loi algérienne.

Libéré après 6 mois

Le jeune homme a été finalement condamné à six mois de prison ferme pour «distribution et possession de tracts pour porter atteinte à l’intérêt du pays». Et comme la peine de six mois était couverte par la durée de la détention préventive, il a été libéré mardi.

«Dans l’attente d’un nouveau procès équitable et impartial (de Walid Nekkiche), la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme continuera à suivre de près ce dossier jusqu’à ce que la vérité soit établie et la justice soit faite», a réagi son vice-président Saïd Salhi.

(AFP)

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