Voile: «Allez Éole, ne nous laisse pas là comme ça, donne-nous du vent!»

Publié

Voile«Allez Éole, ne nous laisse pas là comme ça, donne-nous du vent!»

Alan Roura et son équipier cherchent à sauver les meubles au cinquième jour de la Transat Jacques Vabre.

par
Sport-Center
Alan Roura et La Fabrique ont besoin d'un coup de pouce des éléments.

Alan Roura et La Fabrique ont besoin d'un coup de pouce des éléments.

Keystone

«Tu peux être devant le tout dernier Hugo Boss, mais être loin derrière un bateau identique au tien. Une simple option, une seule petite option peut tout changer.» Dans son journal de bord, Alan Roura (26 ans) constatait qu'une course au large peut parfois être bien complexe. Et ce juste à cause d'un choix tactique, d'une décision prise en fonction de ce qu'on estimait être les conditions idéales. Comme les Britanniques Alex Thomson et Neal McDonald à bord de leur redoutable machine navigante à laquelle Roura fait référence, le Genevois et son coéquipier français Sébastien Audigane avaient dans un premier temps mis cap sur l'ouest, direction les Açores, histoire d'y cueillir en principe des vents plus forts. Mais voyant le reste de la flotte des monocoques IMOCA se détacher sans un regard en arrière, le duo à bord de La Fabrique a choisi de faire route plein sud, laissant Thomson et consorts poursuivre leur tracé occidental.

«Au vu de la météo qui semble particulièrement étrange, nous prenons une nouvelle option que nous allons surnommer ‘'sauver les meubles''!», explique Alan Roura, qui ne sait pas si le choix sera bon ou non, mais qui implore l'aide du dieu du vent. «Allez Éole, ne nous laisse pas là comme ça, donne nous du vent et des camarades à remonter s'il-te-plaît!»

Jeudi, l'équipage du voilier à foils aux couleurs suisses n'a cessé d'osciller entre la 12e et la 17e place, mais en ayant grignoté quelques centaines de kilomètres sur les leaders. Bien que secoués par une mer déformée, Roura et Audigane se réjouissaient de retrouver très vite leur pleine vitesse. La fiabilité de leur embarcation leur permet de traverser des conditions plus musclées sans trop de craintes. Il s'agira ensuite, comme l'explique Sébastien Audigane, de «chercher le décalage ouest (ndlr: en principe synonyme de meilleurs airs) qui nous servira plus tard». Option payante au final? Le verdict tombera certainement d'ici trois ou quatre jours.

Dans la matinée, c'est l'équipage composé des Français Charlie Dalin et Yann Eliès (Apivia) qui avait pris la tête de la régate dans la catégorie IMOCA, devant leurs compatriotes Jérémie Beyou et Christopher Pratt (Charal) et l'équipe franco-anglaise de Sam Davies et Paul Meilhat (Initiatives-Cœur), tous à plus de 6600km de l'arrivée. En temps réel par contre, les trois multicoques en course faisaient évidemment la loi, toujours emmenés par les Français Sébastien Rogues et Matthieu Souben (Primonial) et filant vers l'objectif final de Salvador de Bahia, au Brésil.

Dans la série des Class 40, de plus petits voiliers, Banque du Léman faisait bonne figure derrière les meneurs tricolores Kito de Pavant et Achille Nebout. Pour leur première Transat, le Genevois Valentin Gautier et le Zurichois Simon Koster s'accrochaient entre la 10e et la 12e position.

Oliver Dufour

Ton opinion