02.10.2019 à 13:34

Hockey sur glaceAlors ça donne quoi cette BCF Arena à moitié en chantier?

La patinoire fribourgeoise, toujours en travaux, a rouvert ses portes mardi soir contre Berne. Reportage entre passé, modernité et béton brut.

von
Grégory Beaud
Grégory Beaud

Agglutinés devant les tourniquets plus de deux heures avant le début du match, les fans paraissaient pressés de voir «la bête» de leurs propres yeux. Cela va un moment, les publications sur les réseaux sociaux. Il fallait désormais se faire son propre avis. En franchissant les portes, les fans avaient les yeux écarquillés pour tenter de tout assimiler. Il faut dire que la plupart de ces supporters avaient entendu parler du concept de nouvelle patinoire depuis leur plus jeune âge. Une sorte de rêve qui ne devait probablement jamais se réaliser.

Et puis mardi soir, un coin de voile s'est levé. Au coeur des travaux, Fribourg-Gottéron est rentré dans sa nouvelle/vieille patinoire. «Mais il faut bien se rendre compte que tout est provisoire, tempère Albert Michel, l'homme derrière ce projet de rénovation améliorée. C'était un challenge de pouvoir jouer deux saisons complètes dans ces murs tout en effectuant ces transformations.»

Les coursives ne sont de loin pas toutes opérationnelles.

Les coursives ne sont de loin pas toutes opérationnelles.

Dans ce contexte, le président du conseil d'administration de L'Antre SA en appelle à l'indulgence de tous. Le big boss de la BCF a même dû calmer un journaliste visiblement désemparé après avoir probablement posé ses fesses durant 25 ans (estimation basse) sur le même banc vermoulu. «Il reste encore 11 mois de travaux, a tenté de faire comprendre Albert Michel. Faites aussi un effort.» Scène pour le moins incongrue d'un notable fribourgeois francophone tentant de ramener à la raison un alémanique à moitié borné (estimation basse).

«On s'adapte vite»

Dans les rangs des supporters, l'heure était manifestement plus à la compréhension. «Nous on est très Suisses. On n'aime pas les changements, mais on s'adapte vite», rigole ce trentenaire supporter des Dragons de longue date. Posté aux places debout, il prend doucement ses marques. «Je ne sais pas encore si c'est ici la meilleure place... On a une place, c'est déjà ça.» Actuellement, la capacité de 6500 places n'a pas évolué par rapport à la saison dernière. Certains sièges ont vadrouillé. Le nouvel anneau n'est opérationnel que pour la presse. Conséquence? Les corridors cerclant celui du bas étaient clairement engorgés pour ce premier match face à Berne. L'un des effets secondaires censés s'estomper dès l'ouverture de la totalité des locaux.

Là où les spectateurs n'ont pas encore accès, le chantier est moins avancé.

Là où les spectateurs n'ont pas encore accès, le chantier est moins avancé.

C'est peut-être le volume général qui est le plus impressionnant pour celui qui était déjà allé dans l'ancienne patinoire. «C'est trois fois plus grand», remarque Albert Michel. A la hauteur de l'ancien toit se trouve désormais le videotron. Identique à celui de Lausanne, l'écran géant plonge vraiment les fans dans un futur proche qui pointe doucement le bout de son nez. Tout autour, les sièges multicolores donnent encore cette éphémère touche vintage assez décalée.

Le nouveau secteur surplombe déjà tout l'anneau inférieur sans toutefois être accessible

Le nouveau secteur surplombe déjà tout l'anneau inférieur sans toutefois être accessible

Ascenseur pour l'échafaudage

Durant tout l'été, le chantier s'était concentré quasi exclusivement sur l'intérieur. Conséquences? Les échafaudages garnissent encore joyeusement la coque de la patinoire. Mais l'intérieur également. De quoi surprendre, surtout lorsque l'on prend l'ascenseur pour monter au cinquième étage de la bâtisse. Déjà fonctionnel et en service, le monte-charge détonne au moment de l'ouverture des portes et lorsque l'on fait face à un enchevêtrement métallique annonciateur de travaux encore à réaliser. La sécurisation du chantier a d'ailleurs été l'un des principaux défis à relever par les entreprises oeuvrant sur le site. Chaque jour de match, une inspection a lieu pour donner l'autorisation - ou non - de jouer la rencontre du soir.

Les couloirs extérieurs.

Les couloirs extérieurs.

Mardi soir, Gottéron s'est incliné 1-3 contre Berne. Vous connaissez la blague à la mode en quittant la BCF Arena? «On perd contre le SCB. Au moins ça, ça ne change pas.» Tout le reste, par contre, est en constante évolution.

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