28.11.2016 à 20:14

SuisseAlpiq et Axpo pourraient demander des subventions

L'actionnaire des centrales nucléaires de Gösgen (SO) et Leibstadt (AG), Alpiq, et l'exploitant Axpo n'excluent pas une possible aide fédérale.

Photo d'illustration.

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Keystone

Alors que le groupe BKW compte quitter le secteur d'ici 2019 et mettre à l'arrêt définitif la centrale de Mühleberg (BE), Axpo veut croire en des jours meilleurs et Alpiq mise sur de nouvelles conditions cadres.

Selon la Stratégie énergétique 2050, les centrales nucléaires pourront continuer à être exploitées tant qu'elles demeureront sûres. Les exploitants et actionnaires des installations peinent néanmoins à couvrir leurs coûts de production du courant: ceux-ci dépassent de loin les prix de gros sur le marché de l'électricité.

Avec la libéralisation progressive du marché, les gros clients peuvent choisir où s'approvisionner. Une croissance économique faible, des surproductions d'énergie subventionnée au niveau mondial, des incertitudes politiques et des subventions élevées aux nouvelles sources d'énergie renouvelable influencent les prix à la baisse, analyse Alpiq, actionnaire des centrales nucléaires de Gösgen (SO) et Leibstadt (AG).

Monopole de clients finaux

En Suisse, l'entreprise est confrontée aux défis d'un marché qui n'est pas encore entièrement libéralisé, souligne-t-elle. Active sur un marché libre, mais sans être liée à des clients finaux, elle est entièrement exposée à la concurrence.

«Contrairement à d'autres acteurs du marché, Alpiq ne dispose pas de son propre réseau de distribution ni d'un monopole de clients finaux», déplore la société.

Il ne s'agit pas de revenir sur la libéralisation du marché de l'électricité. L'entreprise remarque cependant que dans les conditions cadres actuelles, sources d'une «distorsion de la concurrence», l'énergie nucléaire ou hydraulique ne peut être exploitée de manière rentable.

D'après Alpiq, de nouvelles conditions cadres doivent être mises en place, de sorte que l'exploitation des grandes centrales reste possible sur le marché libre jusqu'à ce que les distorsions soient levées et qu'un modèle durable soit introduit.

Subventions en vue?

De quoi nourrir les craintes quant à l'octroi de subventions. Dimanche après le refus de l'initiative pour la sortie du nucléaire, la conseillère nationale Regula Rytz (Verts/BE) déclarait que les exploitants de centrales nucléaires allaient bientôt demander des subventions pour leurs exploitations déficitaires et l'élimination des déchets radioactifs.

Avec Christoph Blocher, les fournisseurs d'énergie nucléaire disposaient d'un allié de choix. En mars, l'ancien conseiller fédéral proposait de subventionner les centrales, car si les énergies renouvelables sont soutenues, les autres doivent aussi devenir moins chères.

Les centrales hydrauliques laissent présager ce qu'Alpiq pourrait réclamer: dans le cadre de la stratégie énergétique, les grandes installations reçoivent de nouvelles subventions (au maximum 1 centime par KWh) si elles doivent vendre leur courant à un prix inférieur aux coûts de production. Des investissements sont en outre prévus.

Hausse des prix

De son côté, Axpo, propriétaire et exploitant des plus vieilles centrales nucléaires de Suisse (Beznau I et II, en Argovie), ne va pas aussi loin. Son directeur Andrew Walo déclarait en octobre qu'il songeait à réclamer des mesures de soutien pour l'industrie électrique. Interrogé lundi quant à savoir s'il demanderait des subventions, il a répondu «non, mais je n'exclus aucune option».

Axpo veut croire en des jours meilleurs, apportant des prix de vente plus élevés: la société s'en remet aux experts qui évoquent une hausse à partir de 2020. Si elle ne rentre pas non plus dans ses frais, elle profite toutefois de coûts d'exploitation comparativement plus bas.

(ats)

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