Ski alpin – Amélie Klopfenstein: «Il y aura certainement un peu de pression»
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Ski alpinAmélie Klopfenstein: «Il y aura certainement un peu de pression»

La skieuse de La Neuveville s’apprête à découvrir ce week-end le circuit de la Coupe du monde à l’occasion du parallèle de Lech.

par
Chris Geiger
Amélie Klopfenstein avait remporté l’or en super-G et en géant, ainsi que le bronze en combiné aux JOJ.

Amélie Klopfenstein avait remporté l’or en super-G et en géant, ainsi que le bronze en combiné aux JOJ.

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A 19 ans, Amélie Klopfenstein va faire ses grands débuts en Coupe du monde, samedi à Lech. La jeune technicienne a été sélectionnée par Swiss-Ski pour le parallèle autrichien, bien qu’elle n’appartienne qu’au cadre C pour le moment. Une convocation surprise pour la triple médaillée olympique de la Jeunesse de Lausanne.

«J’étais effectivement un peu étonnée car je suis encore relativement jeune», concède volontiers la skieuse du Jura bernois, avant d’expliquer comment elle a appris la bonne nouvelle: «J’étais à Diavolezza avec mon équipe, où on s’est entraînées deux jours en parallèle. Comme ça s'est globalement bien passé, les coaches m’ont dit que ce n’était pas impossible que je sois sélectionnée pour Lech. Puis je me suis rendue en Suède, où j’ai fait une semaine d’entraînement, dont du parallèle, avec plusieurs cadres de l’équipe de Suisse. C’est là-bas que j’ai appris que j’allais participer à ma première course de Coupe du monde.»

Euphorique, la jeune Neuvevilloise s’attend à ce que ses sentiments évoluent ces prochains jours. Notamment quand elle sera dans le portillon de départ. «Il y aura certainement un peu de pression: c’est quand même la Coupe du monde, souligne-t-elle. Mais je vais surtout y aller dans le but d’accumuler de l’expérience et de découvrir ce milieu, qui sera certainement différent de ce que j’ai connu jusqu’à présent.»

Le plaisir avant le résultat

Car après avoir été sous le feu des projecteurs en janvier 2020 lors des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ), la représentante du club Romand Bienne a retrouvé l’anonymat des courses FIS la saison dernière. Dans le Voralberg, elle skiera en revanche aux côtés de stars comme Lara Gut-Behrami. Une motivation supplémentaire.

«Il y aura peut-être un petit stress supplémentaire de skier aux côtés de telles athlètes, mais je me dis aussi que c’est une chance, confie Amélie Klopfenstein. C’est pourquoi je vais dans l’optique de prendre du plaisir, d’arriver en bas de ma manche en pouvant me dire que j’ai tout donné et que je suis satisfaite de mon ski. Mais comme c’est ma première fois en Coupe du monde, je ne connais pas trop le réel niveau. Le résultat sera donc plutôt secondaire.»

Logique, sachant que seules les 16 meilleures des qualifications accèdent au tableau final. Le niveau exigé pour passer le cut s’annonce donc élevé, malgré les défections de Mikaela Shiffrin ou Petra Vlhova. «Il n’y a effectivement pas forcément toutes les athlètes qui veulent s’aligner sur cette discipline, confirme l’Helvète. Il y a un peu plus de place. Ce n’est donc pas plus mal de prendre son premier départ en Coupe du monde dans une telle discipline.»

Patrice Morisod: «La révolution est pour bientôt»

Patrice Morisod, l’unique parallèle de l’hiver a lieu ce week-end à Lech et sera boudé par de nombreuses stars. Comment l’expliquez-vous?

Quand on ne met qu’un parallèle sur la saison, la crédibilité de la discipline en prend un coup. A l'image d’Alexis Pinturault et Marco Odermatt, certains athlètes se forçaient à prendre le départ l’hiver dernier car ils jouaient le général. Si on veut faire quelque chose de correct, il faudrait avoir plusieurs courses durant la saison et revoir le règlement. On avait vu aux Championnats du monde, en février dernier, que ça ne tenait vraiment pas la route. D’après moi, l’intérêt pour le parallèle, sous sa forme actuelle, est vraiment restreint, surtout que cette discipline est passablement dangereuse au vu de la proximité des deux parcours. A Cortina, on était d’ailleurs passé proche de la correctionnelle.

Pourquoi la FIS persiste-t-elle dans cette direction?

Franchement, je ne sais pas. J’ai de la peine à comprendre pour quelles raisons la FIS reste sur ce format suite aux graves problèmes constatés aux derniers Mondiaux. La demi-seconde est toujours plafonnée, alors que les deux parcours ne sont jamais vraiment les mêmes. Ce n’est pas correct. En voyant les formats de course qu’elle propose, je pense que la FIS se cherche et essaie de voir la direction qu'elle veut prendre pour la suite. Je rappelle qu’il y a eu de nombreux changements à la tête de la FIS dernièrement. Je pense donc que la révolution est pour bientôt.

En vous écoutant, on vous imagine mal devant votre télévision ou aux commentaires sur la RTS ce week-end

Il n’y a besoin ni de spécialistes, ni d’experts pour commenter cette discipline (rires). Si j’ai un tout petit peu de temps, je pense que je vais quand même regarder ce parallèle. Mais je pense que j’aurai mieux à faire. D’ailleurs, ça ne me gênerait pas du tout de ne plus avoir cette discipline au calendrier. Le seul moment où elle a de l’intérêt, c’est lors du Team Event. Sous ce format, je trouve la discipline intéressante car ce sont vraiment les chronos qui parlent.

Fortement décrié par les puristes (voir ci-dessus), le parallèle plaît-il à une skieuse de la nouvelle génération? «Aux JOJ, j’avais pu m’aligner en slalom parallèle lors du Team Event, se remémore celle qui avait brillé de mille feux aux Diablerets. J’avais alors trouvé assez sympa de courir par équipes. L’ambiance était différente, mais elle était bonne. Le fait de courir côte à côte est aussi un challenge à relever. Ce n’est pas forcément directement contre le chrono, mais contre quelqu’un d’autre. Ça change et c’est bien d’avoir quelque chose de nouveau, même si c’est sûr que le règlement n’est pas encore parfait. Il y a encore 2-3 trucs à améliorer pour que la compétition soit équitable pour tout le monde.»

Spécialiste du géant et du slalom, Amélie Klopfenstein est consciente que sa sélection pour Lech ne constitue qu’une parenthèse enchantée. Du moins dans l’immédiat. «Je me réjouis évidemment de pouvoir m’aligner ce week-end en Coupe du monde, mais le focus sera mis cette année sur la Coupe d’Europe, et ce dès la semaine suivante en Suède.»

La Suissesse, qui a affiché une belle régularité l’hiver dernier sur le front des courses FIS, espère franchir un nouveau palier à l’échelon continental. «Je n’ai pas pris régulièrement le départ à ce niveau, rappelle-t-elle. L’objectif sera donc de marquer des points en Coupe d’Europe, même si je vais aussi certainement participer à quelques courses FIS en Suisse pour abaisser mon nombre de points afin d’avoir un meilleur numéro de dossard.»

Et de retrouver régulièrement le Cirque blanc. Celui des grands.

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