Ordonnance Covid-19: Amende: le coup de gueule d’un restaurateur valaisan
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Ordonnance Covid-19Amende: le coup de gueule d’un restaurateur valaisan

Patron du Lion d’Or à Chamoson, Yves Métrailler devra s’acquitter de 850 francs pour avoir offert deux repas chauds à des employés qui déneigeaient et un verre de blanc à un aîné qui attendait sa commande à l’emporter.

par
Evelyne Emeri
Le cafetier-restaurateur valaisan en a gros sur le cœur. Les autorités sanitaires cantonales l’ont appelé après qu’il s’est fait attraper par la police municipale le 26 janvier et lui ont annoncé qu’il allait recevoir un «simple» avertissement pour avoir contrevenu à l’ordonnance Covid-19. La réalité est tout autre.

Le cafetier-restaurateur valaisan en a gros sur le cœur. Les autorités sanitaires cantonales l’ont appelé après qu’il s’est fait attraper par la police municipale le 26 janvier et lui ont annoncé qu’il allait recevoir un «simple» avertissement pour avoir contrevenu à l’ordonnance Covid-19. La réalité est tout autre.

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Le mardi 26 janvier, Yves Métrailler tend la main à deux employés de son propriétaire qui déblayent la neige depuis 5 h du matin. Il leur donne un repas chaud à l’intérieur de son établissement de Chamoson (VS), Le Lion d’Or. Il offre aussi un verre de blanc à un client âgé pour le faire patienter au chaud – il faisait -7 degrés dehors – avant de repartir avec ses plats à l’emporter. La police municipale passe par là. Il se fait pincer.

Condamné par le procureur général

«Je sais bien qu’il y a un règlement. On fait ça par passion. Je n’ai rien fait de mal», se défend le cafetier-restaurateur valaisan. «J’ai reçu très vite un appel des autorités sanitaires valaisannes qui m’ont prévenu que j’allais recevoir un avertissement et que, désormais, je serai contrôlé. J’ai trouvé ça correct.» La suite sera pourtant tout autre. Il est finalement dénoncé au Ministère public.

La police cantonale d’Ardon va même l’auditionner à la demande du Parquet. Deux semaines plus tard, la justice rend sa sentence qui le condamne à 500 francs d’amende et met à sa charge les 350 francs de frais de dossier. L’ordonnance pénale est signée par le procureur général lui-même, Nicolas Dubuis. Et surtout rendue en un temps record.

Vague de solidarité

Hier après-midi, il rend publique cette ordonnance encore toute chaude sur son profil Facebook. Sa publication cartonne. Dans la foulée, il annonce aux centaines de personnes qui le soutiennent qu’il ouvre un compte pour offrir des bons-cadeaux dès la réouverture officielle des restaurants. À ce stade, le patron du Lion d’Or a déjà récolté environ 2500 francs qui ne serviront en aucun cas à payer son amende, insiste-t-il. Va-t-il faire opposition? «Je ne sais pas encore. J’ai dix jours pour me décider. C’est encore très émotionnel.»

La police: «Déjà averti deux fois»

Surprise de la version d’Yves Métrailler, la police cantonale valaisanne réplique. Dans un communiqué, elle précise que le patron du Lion d’Or s’est déjà vu «signifier deux avertissements gratuits». Et que «face à son refus d’obtempérer, la police municipale a dénoncé le tenancier à la police cantonale pour avoir violé les mesures de lutte contre la pandémie». Le cas a ensuite été transmis au Ministère public.

Cette précision des forces de l’ordre ne décontenance pas le cafetier-restaurateur. Ce dernier concède avoir effectivement partagé un verre au bar avec un client qui attendait son repas à l’emporter en novembre. Concernant le second avertissement, il le conteste: «C’était le 17 décembre (restos encore ouverts jusqu’à 22h). Il était 22h02, les portes de mon établissement étaient fermées et deux clients étaient en train de partir. On parle de deux minutes…»

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