Autriche - Amendé pour avoir pété au nez des policiers, il fait appel
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AutricheAmendé pour avoir pété au nez des policiers, il fait appel

La justice a refusé de considérer que le vent expulsé lors d’un contrôle d’identité puisse être couvert par la liberté d’expression.

Une manière plus élégante de manifester une quelconque contrariété? Un nu du XIXe siècle de William Etty.

Une manière plus élégante de manifester une quelconque contrariété? Un nu du XIXe siècle de William Etty.

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En juin 2020, un citoyen autrichien avait pris au pied de la lettre l’expression «Il vaut mieux un pet qui sort avec fracas qu’une fesse endormie qui vous trahit tout bas». Alors qu’ils profitaient de l’arrivée de l’été dans un parc du centre de Vienne, un groupe de jeunes adultes avait subi un contrôle d’identité. L’un d’entre eux avait alors manifesté sa désapprobation en pétant au nez des policiers. Littéralement.

Le raffiné avait pris soin de soulever ostensiblement ses fesses et de les orienter en direction des pandores avant d’expulser le gaz tonitruant qui avait produit son effet loin à la ronde. Le vent était si magistral qu’il avait suscité l’hilarité et les commentaires de circonstances de la bande. Mais il a aussi offensé les narines des officiers qui, sans surprise, en ont pris ombrage. Résultat des courses: le pétomane avait été condamné à payer une amende salée de 500 euros.

Un caprice du corps

Le jeune homme n’est pas resté les bras ballants. Il a fait appel. La justice s’est prononcée la semaine dernière, rapporte «Der Standard». Sa défense? D’abord que le pet lui avait échappé, la biologie humaine étant capricieuse, puis, dans l’hypothèse d’un vent volontaire, ce geste devait être considéré comme couvert par la liberté d’expression. En conséquence, la critique qu’il exprimait devait être considérée comme «admissible».

La Cour administrative s’est montrée peu convaincue par la plaidoirie. Pesant, d’un côté, la qualité du message, considéré comme très pauvre, et, de l’autre, l’indécence du geste de nature à saper l’autorité de l’État en le soumettant au ridicule, le juge a estimé que le droit fondamental à la liberté d’opinion et d’expression avait été transgressé. Cependant, l’absence d’antécédents et le fait que l’appelant n’avait pas de casier judiciaire, ont profité au pétomane. L’amende du jeune homme a été sensiblement réduite passant de 500 à 100 euros. Autant en emporte le vent.

(JChC)

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