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SuisseAmendé pour avoir vendu des ampoules interdites

Un commerçant st-gallois a dû payer 1000 francs au motif qu'il avait vendu des ampoules à incandescence, aujourd'hui interdites à la vente.

par
Christine Talos
Les ampoules conventionnelles rondes sont interdites depuis bientôt 5 ans en Suisse.

Les ampoules conventionnelles rondes sont interdites depuis bientôt 5 ans en Suisse.

Keystone

Les ampoules à incandescence ou à filament, trop énergivores, sont bannies des commerces de Suisse et d'Europe depuis le 1er janvier 2013. Et la loi, c'est la loi. Le magasin de lampes st-gallois Konig vient d'être amendé par l'Office fédéral de l'énergie pour avoir continué de vendre son stock de vieilles ampoules. Facture à payer: 1000 francs, raconte le journal St-Galler Tagblatt.

«Mise sur le marché illégale d'équipements, non-étiquetage des équipements et non-information des caractéristiques des équipements». C'est ce qui figure dans l'amende, note le journal. En effet, le magasin vendait ses ampoules sans étiquette énergétique et celles-ci ne répondaient plus aux exigences minimales en matière d'efficacité énergétique. Bref : il proposait du matériel illégal.

Au final, c'est le client qui paie

Le co-directeur du magasin a bien tenté d'expliquer que ses ampoules étaient européennes alors que les LED autorisées venaient de Chine. Il a également avancé que la lumière issue des vieilles ampoules était meilleure pour la santé que celle des LED. Rien à faire. Berne s'est montré inflexible. «Je me demande pourquoi on force à placer dans les chambres à coucher ou les appartements des gens quelque chose qui peut les rendre malades», critique Marc Juchler. Surtout qu'au final, c'est «le client qui paie la facture d'électricité», estime-t-il.

L'homme est fâché. Il estime subir un dommage financier. Car en plus de l'amende, il n'a plus le droit de vendre ses ampoules conventionnelles. Or il a encore un stock important à écouler, explique-t-il.

Tournure politique

Marc Juchler se bat depuis des années contre la politique énergétique de la Confédération. Il a désormais fait appel à la conseillère nationale UDC Yvette Estermann pour l'aider. Car pour elle, cette interdiction s'apparente à du «paternalisme communiste», dit-elle. «Le client doit pouvoir décider par lui-même quelle lumière il veut utiliser et où. Parce qu'en fin de compte, c'est le client qui paie», estime-t-elle aussi. Elle va du coup déposer une motion au Parlement, lors de la prochaine session d'automne, afin de permettre la vente de tous les types de lampes en Suisse.

Il faut dire que dès le 1er septembre, c'est au tour des ampoules halogènes d'être interdites de vente en Suisse et en Europe. Ceci dans un souci d'économies d'énergie également. Mais la résistance s'organise au Parlement. Ainsi Yvette Estermann et sa collègue du National, la présidente des Verts Regula Rytz, ont posé des questions critiques au Conseil fédéral sur les risques potentiels des lampes à LED. (voir encadré)

Inquiétudes sur les LED

Plusieurs études, dont celle de L’Institut national de la santé et de la recherche médicale en France (Inserm), ont montré que la lumière bleue émise par les LED s'avérait toxique pour la rétine chez le rat. Un mécanisme qui pourrait favoriser la dégénérescence maculaire liée à l'âge.

En outre, selon l'Office fédéral de la Santé publique en Suisse, les lampes à LED peuvent papilloter fortement. ce qui pourrait constituer un risque pour les personnes souffrant de migraines ou d'épilepsie. Elles provoqueraient des douleurs oculaires, limiteraient l'acuité visuelle ou altéreraient la concentration ou les performances intellectuelles.

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