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Guerre en UkraineAmende pour la célèbre journaliste opposée au conflit

Connue pour avoir brandi sur une chaîne d’État une affiche contre l’offensive russe, Marina Ovsiannikova vient d’être condamnée pour «discréditation» des forces armées de son pays.

Marina Ovsiannikova, ex-employée de la télévision d’État russe, qui a organisé une manifestation anti-guerre en direct à la télévision d’État, assiste à une audience du tribunal à Moscou, en Russie, le 28 juillet 2022.

Marina Ovsiannikova, ex-employée de la télévision d’État russe, qui a organisé une manifestation anti-guerre en direct à la télévision d’État, assiste à une audience du tribunal à Moscou, en Russie, le 28 juillet 2022.

REUTERS

La journaliste Marina Ovsiannikova, célèbre pour avoir interrompu le journal d’une chaîne d’État russe avec une affiche contre l’offensive en Ukraine, a été condamnée jeudi à une amende pour avoir à nouveau dénoncé le conflit. Un tribunal de Moscou lui a infligé une amende de 50’000 roubles (près de 800 fr.) pour discréditation des forces armées russes, une infraction introduite début mars pour étouffer les critiques.

Il lui a été reproché d’avoir dit que l’opération en Ukraine était un «crime» en s’adressant à des journalistes, le 13 juillet, à l’occasion d’une audience concernant un opposant emprisonné, Ilia Iachine. Quatre jours plus tard, la journaliste de 44 ans avait été brièvement interpellée dans la région de Moscou.

Geste viral

Mme Ovsiannikova est devenue célèbre mi-mars après avoir surgi, en plein journal, sur le plateau d’une chaîne de télévision pro Kremlin pour laquelle elle travaillait. Lors de son intervention, elle portait une pancarte dénonçant l’offensive en Ukraine et la «propagande» des médias contrôlés par le pouvoir. Brièvement détenue dans la foulée, elle avait été relâchée avec une amende à payer.

Les images de son geste ont fait le tour du monde. De nombreuses personnes ont salué son courage, dans un contexte de répression de toute voix critique en Russie.

Passé controversé

Marina Ovsiannikova ne fait toutefois pas l’unanimité au sein de l’opposition russe, certains lui reprochant toujours ses années passées à travailler pour la chaîne Pervy Kanal, porte-voix du Kremlin. Après avoir travaillé plusieurs mois à l’étranger, notamment pour le journal allemand «die Welt», elle avait annoncé début juillet être rentrée en Russie pour régler un contentieux lié à la garde de ses deux enfants.

(AFP)

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