Scolarité: Amendé pour un jour d’absence d’une écolière vaudoise

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ScolaritéAmendé pour un jour d’absence d’une écolière vaudoise

Le père d’une fille de 6 ans a été sanctionné pour un règlement appliqué à la lettre. Mais des congés «joker» seront discutés.

par
R.M.
Une journée d’absence pour partir plus tôt en vacances? Pas question dans le canton de Vaud.

Une journée d’absence pour partir plus tôt en vacances? Pas question dans le canton de Vaud.

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Dans le canton de Vaud, le père d’une écolière a été amendé pour une journée d’absence de sa fille de 6 ans. Avant Noël, l’homme voulait partir quelques jours avant les congés. Refusé. Et au final, il a été sanctionné alors que son enfant était réellement malade…

Cet homme avait demandé au secrétariat de l’école, de manière informelle, si sa fille pouvait s’absenter quelques jours avant Noël pour des vacances outre-mer. Réponse négative, relate «Le Temps». L’établissement n’accorde pas de congé «immédiatement avant ou après les vacances scolaires ou un jour férié».

Les plans ont alors été changés et les parents ont décidé de rester en Suisse pour les fêtes. Mais le 23 décembre, la fillette ne s’est pas sentie bien: un début de varicelle. Les parents ont contacté la maîtresse de leur fille pour l’avertir de son absence.

La suite? En ce début d’année, le père a reçu une ordonnance pénale de la préfecture de Lausanne. Pour une violation de l’article 54 de la loi sur l’enseignement obligatoire sur la fréquentation de l’école, il a été condamné à une amende de 100 francs, assortie de 60 francs de frais.

«Réaction de technocrate»

Le père peste évidemment contre ce qui est jugé comme un excès de zèle. Et regrette que l’école ait décidé de contacter l’autorité judiciaire plutôt que la maîtresse. «C’est une réaction de technocrate déconnectée du quotidien», tranche-t-il. Ne voulant pas se lancer dans un bras de fer judiciaire, il a cependant décidé de payer.

«C’est la loi. Les établissements sont obligés de dénoncer à la préfecture les cas d’absence, lorsqu’ils sont pris malgré le refus d’une demande de congé», commente le conseiller d’État vaudois Frédéric Borloz, en charge de la Formation. Qui précise cependant que des discussions auront lieu dans le canton sur les congés «joker».

Un postulat va en effet être déposé par la députée UDC Céline Baux, explique «Le Temps». L’idée? Que le responsable de classe puisse accorder par exemple jusqu’à quatre demi-journées «joker» à un élève par an, sans en référer à l’établissement.

«Cette mesure est très répandue en Suisse alémanique, mais presque inexistante en terres romandes, avec le Jura et maintenant Fribourg comme seules exceptions», note-t-elle. «En tout, 15 cantons ont instauré cette façon de faire à l’école obligatoire. Leur expérience montre que le système fonctionne et qu’il n’y a pas d’abus, au contraire, cela évite des demandes de congé mensongères ou des déclarations fausses de maladie».

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