Déchets: Amendée pour des cartons pas ficelés
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DéchetsAmendée pour des cartons pas ficelés

Une Zurichoise devra payer 270 francs pour avoir déposé ses cartons sur le trottoir sans les aplatir et les attacher. Une telle sanction serait-elle possible en Suisse romande?

par
Alexandra Brutsch
À Zurich, un règlement impose de plier, d’empaqueter et de ficeler les cartons destinés au recyclage.

À Zurich, un règlement impose de plier, d’empaqueter et de ficeler les cartons destinés au recyclage.

Gaetan Bally/Keystone

Elle les avait mis le bon jour, à la bonne heure et au bon endroit sur le trottoir, mais avait regroupé plusieurs petits cartons dans un grand, sans les aplatir ni les ficeler ensemble. Erreur fatale. Le lendemain soir, cette Zurichoise indisciplinée recevait une visite de la police municipale, l’informant qu’elle avait enfreint la réglementation sur les déchets, rapporte le Tages-Anzeiger. La douloureuse arrive dans sa boîte aux lettres quelques mois plus tard: 270 francs.

Risque d’humidité

Extrême? Pas pour le Service de recyclage de la ville de Zurich, qui justifie sa décision en expliquant que des boîtes empilées peuvent cacher des déchets indésirables. Le carton risque en outre de s’imprégner d’eau en cas de pluie, ce qui complique le travail des employés chargés de la collecte. La métropole est une des plus strictes en matière de recyclage. Ses habitants sont soumis à la taxe au sac depuis vingt-cinq ans, et les récalcitrants durement sanctionnés.

En Suisse romande, on se montre moins répressif. Pour Matthieu Raeis, chef du Secteur déchets du canton de Genève, les autorités zurichoises vont un peu loin. «Je pense que c’est déjà bien que les gens mettent leurs papiers et leurs cartons sur le trottoir pour les recycler plutôt qu’à la poubelle!» Matthieu Raeis souligne que les communes sont libres d’adopter le règlement de leur choix concernant la gestion des déchets urbains, mais peine à imaginer la mise en place systématique de mesures à la zurichoise dans son canton: «Depuis vingt-cinq ans, notre politique en la matière repose davantage sur l’encouragement et l’éducation que sur la sanction. Les résultats obtenus montrent que nous sommes sur le bon chemin.»

Conteneurs et écopoints

En ville de Genève comme à Lausanne, les déchets papier et carton doivent être placés en vrac dans les conteneurs ad hoc mis à disposition par les immeubles. La voirie genevoise précise que, en cas d’absence de conteneurs, ces déchets peuvent être déposés sur le trottoir le jour de la collecte. «Le papier doit alors être conditionné en sac transparent ou ficelé, et les cartons aplatis et également ficelés afin de faciliter la manipulation par nos équipes», indique Jean-Marc Robbiani, chargé de la communication. Aucun Genevois n’a toutefois été amendé à ce jour pour une infraction concernant le conditionnement du papier.

Dans d’autres villes, comme à Neuchâtel, le problème ne se pose pas: il n’existe pas de service de ramassage à domicile du papier et du carton, qui doivent être déposés dans des écopoints ou en déchetterie. «Environ 200 amendes de 200 francs sont infligées chaque année pour des infractions liées aux déchets de manière générale, le plus souvent pour des détritus déposés à côté des bennes. Mais ce chiffre est en diminution», se réjouit Laurent Verguet, chef du Service de la voirie neuchâteloise.

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