Âmes sensibles s’abstenir: Cronenberg débarque sur la Croisette
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Festival de CannesÂmes sensibles s’abstenir: Cronenberg débarque sur la Croisette

Le réalisateur culte vient faire trembler Cannes avec «Les crimes du futur», une histoire d’ablation d’organes à vif.

Après huit ans d’absence, David Cronenberg renoue avec la course à la Palme d’or,

Après huit ans d’absence, David Cronenberg renoue avec la course à la Palme d’or,

Getty Images via AFP

Parfum de souffre sur la Croisette lundi: un an après le couronnement de «Titane», le réalisateur culte David Cronenberg conte dans «Les crimes du futur», une histoire d’ablation d’organes à vif, qui promet de soulever les cœurs les mieux accrochés.

Au lendemain de la montée des marches de «Novembre», le film de Cédric Jimenez («Bac Nord») sur la traque des terroristes du 13-Novembre, avec une brochette d’acteurs et actrices français dont Jean Dujardin, Anaïs Demoustier, Sandrine Kiberlain ou Jérémie Renier, place aux stars du film de Cronenberg.

Viggo Mortensen et Léa Seydoux, duo accompagné de Kristen Stewart, fouleront le tapis rouge en soirée, avant une projection des «Crimes du futur» où les spectateurs devront attacher leur ceinture, promet le réalisateur, pape du gore.

Huit ans d’absence

Le Canadien de 79 ans sait y faire: dès ses débuts en compétition en 1996, il faisait scandale, divisant la critique mais remportant un Prix spécial du jury, avec «Crash». Ce film tout de sexe, de violence et d’accidents de voiture a inspiré une certaine Julia Ducournau, Palme d’or 2021, pour «Titane».

Après huit ans d’absence, celui qui pensait en avoir fini avec la réalisation renoue avec la course à la Palme d’or, avec ses thèmes de prédilection, le corps et ses métamorphoses. «Je m’attends à ce que des spectateurs quittent la salle. Il y a des scènes très impressionnantes», se délectait récemment Cronenberg dans la presse américaine. «Des gens ayant déjà vu le film ont rapporté que les vingt dernières minutes seront difficiles pour certains, et qu’il y aura des départs».

«Un homme a même dit avoir presque fait une crise de panique», poursuivait le réalisateur de «La mouche», nourrissant à dessein la légende de son film, qui raconte l’histoire d’un artiste performeur tatouant ses propres organes internes à vif. De quoi plonger au sens propre dans l’intimité de son acteur fétiche Viggo Mortensen, pour leur quatrième collaboration après «A History of Violence» (2005), «Les Promesses de l’ombre» (2007) et «A Dangerous Method» (2011).

James Gray et un âne

Ce cocktail gore et arty séduira-t-il le jury de cette 75e édition du festival, présidé par Vincent Lindon? À mi-parcours du festival, plusieurs films ont déjà marqué les esprits. Dès l’ouverture, une nouvelle venue, Alyona Mikhailova, est sortie du lot, pour son interprétation chez le Russe Kirill Serebrennikov dans «La femme de Tchaïkovski», où elle joue avec brio l’épouse du compositeur, qui l’a épousée pour cacher son homosexualité.

Les critiques ont également applaudi James Gray pour «Armageddon Time», une œuvre très autobiographique du réalisateur américain de «Ad Astra» et «La nuit nous appartient», sur l’enfance d’un petit New-Yorkais, dans une famille d’origine juive ukrainienne.

Ovni de la sélection, «EO», du doyen du cinéma polonais Jerzy Skolimowski, 84 ans, a aussi séduit avec son histoire d’âne en errance, en proie à la folie des hommes. Sans oublier Rüben Ostlund, Palme d’or avec «The Square» en 2017, qui a fait rire le public du Grand Théâtre Lumière avec sa nouvelle satire des convenances sociales et du capitalisme, «Sans filtre».

La deuxième semaine de la compétition, qui se termine samedi, pourrait aussi rebattre les cartes, avec un mélange de jeunes talents très attendus, comme le Belge Lukas Dhont avec «Close» et de vieux routiers du festival déjà palmés, comme les frères Dardenne ou le Japonais Hirokazu Kore-Eda.

Le jury doit aussi découvrir lundi «Decision to leave», le nouveau film du Coréen Park Chan-wook («Mademoiselle», «Old Boy»).

(AFP)

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