Actualisé 16.07.2020 à 13:06

Belgique

Amputée à cause du coronavirus: le touchant combat d’une ado

Après un mois dans le coma, la jeune Elia, 18 ans, a dû être amputée d’une jambe. Elle se montre pourtant étonnamment positive.

par
R.M.
«Quand je me suis réveillée à l’hôpital, je pensais qu’on était le 19 mars. Et non, on était le 15 avril», raconte Elia Fontaine.

«Quand je me suis réveillée à l’hôpital, je pensais qu’on était le 19 mars. Et non, on était le 15 avril», raconte Elia Fontaine.

Elia Fontaine, 18 ans, a survécu au coronavirus. Mais elle y a laissé une jambe. Cette Belge vivant près de Huy a décidé de raconter son histoire aux médias du Plat Pays. Et malgré le calvaire enduré, malgré l’amputation, elle est apparue en pleine forme, positive, souriante. «Finalement, ça aurait pu être bien pire», a lancé la jeune femme radieuse «aux journalistes un peu désarçonnés», écrit la RTBF.

Jeune, sportive, ne souffrant d’aucune pathologie, Elia ne faisait pas du tout partie des personnes à risque. Elle a pourtant passé près d’un mois dans le coma dans un état très grave et aurait pu y rester.

Grave défaillance cardiaque

Elle a été une des premières touchée par la maladie en Belgique. Son état s’était rapidement détérioré et elle avait été placée dans un coma artificiel le 18 mars. «Quand je me suis réveillée à l’hôpital, je pensais qu’on était le 19 mars. Et non, on était le 15 avril. Ma maman a dû m’expliquer tout ce qui s’était passé en dehors. Je ne comprenais pas, quand je suis arrivée à l’hôpital, il y avait 4 décès et quand je me suis réveillée, il y en avait plus de 4000», raconte-t-elle, rapporte 7sur7.

C’est qu’entre-temps la jeune femme a développé des symptômes atypiques de la maladie, dont une grave défaillance cardiaque. À un certain stade, son pronostic vital était même réévalué toutes les demi-heures.

Un cœur et un poumon artificiels ont pris le relais des organes défaillants d’Elia, explique la RTBF. Mais un caillot de sang a mené à une infection des orteils. Ses parents ont dû accepter qu’elle soit amputée d’une partie du pied durant son coma.

Une décision douloureuse

C’est ainsi qu’Elia s’est réveillée, la vie sauve mais avec une partie de pied perdue. «J’ai essayé d’en blaguer, j’ai dit à ma maman, le jour où elle a pu venir me voir: ce ne sont que des orteils, c’est pas beau de toute façon, des orteils», témoigne-t-elle.

Les épreuves, pourtant, n’étaient pas terminées. Son pied était «mort». À 18 ans, suivant l’avis des médecins, Elia a alors accepté d’être amputée de la jambe droite, en dessous du genou. La jeune femme ne cache pas que la décision a évidemment été très douloureuse. Mais elle se montre toujours positive. «Je me suis dit qu’avec toutes les prothèses qui existent aujourd’hui je pourrai avoir une vie normale.»

Rejouer au basket

Elia, cependant, ne veut pas «simplement» remarcher normalement. Elle veut courir, sauter et rêve de redevenir la basketteuse qu’elle était. C’est d’ailleurs en partie la raison de son témoignage: une prothèse classique est remboursée, pas une plus sophistiquée qui lui permettrait de repratiquer son sport. Un financement participatif a donc été lancé en ligne.

Pour cette prothèse spécifique et quelques aménagements dans sa maison afin qu’elle soit autonome, les coûts ont été estimés à 50 000 euros. Mais le destin de la jeune femme touche manifestement les Belges: la barre des 30 000 euros avait déjà été dépassée jeudi en début d’après-midi.

Ça peut toucher n’importe qui

Un très bon début et heureusement car le basket, dit-elle, «c’est plus qu’une passion, c’est toute ma vie En rééducation, les soignants lui ont d’ailleurs installé un panier. «La première fois que j’ai retouché le ballon c’était une sensation géniale. J’avais peur de ne pas y arriver, de ne plus avoir de force. Mais c’est impressionnant ce que j’arrive déjà à faire, même avec ma prothèse provisoire. C’était inespéré et c’est ce qui me permet d’avancer!»

Avec un caractère qui force l’admiration, Elia Fontaine poursuit maintenant son rêve. Mais veut aussi que son cas serve d’exemple. «Il faut faire attention parce que ça peut toucher n’importe qui et ça peut avoir des conséquences lourdes. J’en suis la preuve», a-t-elle plaidé. Il faut bien se protéger et faire attention à soi et aux autres personnes qui nous entourent

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