Tennis: Analyse: comment Wawrinka a renversé Rublev

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TennisAnalyse: comment Wawrinka a renversé Rublev

Si le Vaudois a réussi à éliminer la terreur russe, ce que personne n’avait su faire depuis Roland-Garros, il le doit en partie à sa très grande faculté d’adaptation.

par
Jérémy Santallo
Stan Wawrinka a pris goût aux nuits parisiennes. Cela tombe bien, il jouera encore en soirée vendredi.

Stan Wawrinka a pris goût aux nuits parisiennes. Cela tombe bien, il jouera encore en soirée vendredi.

KEYSTONE

L’appel du lit était trop grand? Ou vous ne pouviez tout simplement pas voir la qualification de Stan Wawrinka pour les quarts de finale du Masters 1000 de Paris-Bercy jeudi soir? Pas de soucis, on a veillé pour vous. Et on vous propose une petite séance de rattrapage.

D’emblée, on se doit d’écrire que ce qu’a réalisé le Vaudois aux dépens d’Andrey Rublev épouse gentiment les contours d’un exploit. Pourquoi? Parce que le Russe de 23 ans, véritable révélation de l’année, roulait sur tous ses adversaires depuis trois semaines et ses trophées conquis à Saint-Pétersbourg et Vienne. En Autriche, le No 8 mondial n’avait – sauf erreur – pas perdu le moindre jeu de service. Il est reparti sur les mêmes bases en France, et ce n’est pas le pauvre Radu Albot, concassé 6-1 6-2 en 58 minutes en début de semaine, qui dira le contraire.

Tout ça, «Stan The Man» le savait mieux que quiconque au moment d’entamer son duel avec le joueur du circuit le plus victorieux en 2020 sur le Central de l’AccorHotels Arena, à 22h48. Mais ce que l’on savait aussi avant ce match, c’est que le triple vainqueur en Grand Chelem répond toujours présent lors des grands rendez-vous. Et cela en était clairement un jeudi soir.

Une adaptation au service

On ne vous cache pas que l’on a eu un peur devant le scénario du début de partie. Un break dès le tout premier jeu puis un deuxième en milieu de set. Le rouleur-compresseur de Moscou s’est très vite mis en marche pour envoyer du lourd à une cadence infernale depuis sa ligne de fond et toucher ainsi toutes les zones possibles et inimaginables avec son coup droit supersonique. Résultat des courses? Un cinglant 6-1 en sa faveur.

Dès lors, Wawrinka s’est adapté pour proposer autre chose. Le Vaudois a fait grimper ses pourcentages sur sa première balle tout en arrêtant de servir majoritairement sur le coup droit de Rublev. En variant beaucoup plus les zones, tout en ajoutant à ça le service au corps (ndlr: sur l’homme), «Stanimal» s’est offert une tranquillité sur ses mises en jeu. Et à sa deuxième occasion – zéro regret sur la première en début de partie – de ravir le service de son adversaire, le Vaudois l’a saisi au bond d’un retour de coup droit long de ligne gagnant (4-3).

A minuit, le Suisse était revenu à une manche partout. Surtout, il était entré dans la tête de Rublev, qui n’avait plus perdu un jeu de service depuis des lustres. Alors imaginez un set…Impassible en début de partie, le Russe a commencé à s’agacer après chaque erreur. Et il en a commis plus d’une. Car quand son coup droit se grippe, le protégé de Fernando Vicente n’a pas de plan B. Et face à un Wawrinka plus mobile, capable de défendre les trois-quatre premières frappes pour s’engager dans des filières longues, il a fini par exploser.

«Il a joué plus vite et mieux que moi en début de rencontre. De mon côté, j’ai mal commencé et cela l’a aussi mis en confiance, a concédé le Vaudois en début de nuit en conférence de presse. C’est très difficile de trouver une quelconque solution quand il joue à ce niveau. Mais j’ai toujours cru que je pouvais changer quelque chose dans mon jeu pour faire mieux. C’était capital de vraiment mettre l’accent sur mon service. Ce que j’ai fait, en variant plus, pour obtenir des points faciles (…) A partir de là, je savais que j’aurais des occasions à la relance.»

Très bien servir, cela sera également l’une des clés ce vendredi – toujours vers 21 heures – pour Stan Wawrinka, au moment de retrouver Alexander Zverev pour la quatrième fois de sa carrière (ndlr: Sascha mène trois succès à rien, dont le dernier en janvier à l’Open d’Australie en quatre sets). Redoutable serveur, même si il lui arrive encore parfois de faire pas mal de double-fautes, l’Allemand ne laisse souvent que des miettes sur sa mise en jeu. «Cela a toujours été un joueur difficile à manœuvrer pour moi, a conclu Stan. Mais j’espère délivrer un grand match.»

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