23.06.2017 à 17:09

FootballAndi Zeqiri, pari gagné

L’attaquant vaudois de 18 ans est parti à la Juventus l’été dernier, prêté par le LS. Avec la Primavera, il a beaucoup joué, marqué souvent et s’est entraîné avec les pros. Il revient plus fort à Lausanne.

par
Tim Guillemin

Le 30 août dernier, Andi Zeqiri posait fièrement avec le maillot de la Juventus, sans vraiment savoir s’il prenait la bonne décision. L’attaquant, né en 1999, avait deux choix, en fait. Soit rester à Lausanne et découvrir la Super League, sans garantie de jouer, mais chez lui, là où tout le monde le considère comme un prodige. Soit aller batailler avec la Primavera (l’équipe réserve) du club turinois, dans un environnement impitoyable. Il a opté pour la difficulté. «Et je ne le regrette pas un seul instant», sourit-il aujourd’hui.

Tous les jours à l’école

À Turin, il a joué 23 matches, dont 19 comme titulaire, et scoré sept fois. Et, surtout, il a découvert la culture du haut niveau. «Porter ce maillot, c’est ne pas avoir le droit de perdre un match. On te le fait sentir à chaque instant», explique l’attaquant. Le Lausannois vivait dans un hôtel avec 54 autres jeunes joueurs. «Les intendants nous font à manger, le bus vient nous chercher pour nous amener à l’école et à l’entraînement. Tout est organisé à la perfection», se réjouit celui qui passe entre trois et cinq heures par jour à étudier l’italien, l’anglais, les maths… «Des fois, c’est dur de se lever en se disant qu’on va à l’école. Mais direct après, il y a l’entraînement, alors ça va», se marre-t-il franchement.

Arrivé il y a 11 mois, il comprend déjà très bien l’italien. Car le jeune homme est intelligent et déterminé. À l’aise avec les médias malgré son jeune âge, il sait exactement là où il veut aller: tout en haut. Mais pas n’importe comment. «Mon père, Avni, s’occupe de tout. Il veut me protéger et faire en sorte que je ne pense qu’au football, ce qui me va très bien. Moi, je suis un garçon qui doit avoir du plaisir et progresser.» L’argent? «Si tu joues bien, si tu travailles, cela viendra automatiquement. J’ai les qualités pour devenir un bon attaquant, je le sais.»

Plusieurs entraînements avec les pros

À Turin, le jeune Andi a fait son chemin avec les jeunes et s’est entraîné régulièrement avec les pros, dont Stephan Lichtsteiner. «Il est vraiment sympa avec moi, comme tous les autres. Au début, je n’osais pas trop lui parler, et lui, forcément, il ne me connaissait pas. Mais quand il a appris que j’étais Suisse, il s’est approché de moi. Je suis aussi souvent avec Mario Lemina et Miralem Pjanic. On parle en français. Et je m’entends très bien avec Daniel Alves et Alex Sandro. Et Juan Cuadrado, lui, il est un peu fou-fou, il te met à l’aise tout de suite!» Seul regret pour l’instant: il n’a toujours pas été convoqué en match officiel. «J’ai failli contre Naples, parce que des attaquants étaient blessés, mais ça ne s’est finalement pas fait.»

La Juventus lui a proposé de rester pour découvrir, peut-être, le monde des pros. «Ils ont parlé avec nous dans ce sens. Ils voulaient vraiment le garder», confirme Alain Joseph. Le jeune homme a pesé le pour et le contre, avec son père, et a décidé de revenir à Lausanne. Sa relation forte avec Fabio Celestini, qui l’a lancé en pro, a sans aucun doute joué dans ce choix. Zeqiri apprécie l’entraîneur lausannois et a estimé que sa progression serait plus grande en première division suisse. Un choix que l’on peut qualifier de surprenant et qui a même étonné à l’interne, au sein du club vaudois. Mais l’attaquant sait ce qu’il veut et a envie de s’imposer à la Pontaise. «Je suis plus fort qu’il y a une année, c’est sûr», estime-t-il. Il aura l’occasion de le prouver sur le terrain.

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