Football - Andrea Binotto: «J’ai préféré parler avec mes joueurs que m’entraîner»
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FootballAndrea Binotto: «J’ai préféré parler avec mes joueurs que m’entraîner»

La marge de manœuvre de NE Xamax en fond de Challenge League devient restreinte. Son entraîneur relativise, tout en reconnaissant l’incertitude de la situation.

par
Florian Vaney
Freshfocus/Pascal Muller

Et si tout finissait vraiment par se jouer au soir de la 36e et dernière journée, de cet ultime déplacement à Chiasso? NE Xamax débarrasserait-il enfin la Challenge League des irréductibles Tessinois? Ceux-ci enverraient-ils les Rouge et Noir dans un cauchemar nommé Promotion League auquel personne ne veut croire? L’un de ces deux scénarios n’a rien d’illusoires, à cinq rondes du dénouement. Chiasso est dernier mais carbure à plein régime, Xamax 9e en alternant le bon et le moins bon, Kriens 8e et dans le dur, malgré des résultats récents plus encourageants.

Chaque week-end, tout s’emmêle et se démêle, si bien que les conclusions du lundi deviennent souvent obsolètes le jeudi. Les dernières impressions laissées par Neuchâtel ne sont pas bonnes. Mais qu’en sera-t-il vendredi en fin de soirée, après un nouveau match couperet contre Winterthour? La réponse appartient au futur. Avant ça, Andrea Binotto, l’entraîneur des Rouge et Noir, livre son ressenti sur la situation actuelle.

Coach, vos deux dernières prestations (deux défaites 3-0 contre Kriens et Schaffhouse) inquiètent un peu. Vous en dites quoi?

Elles ne sont pas bonnes, d’accord. Mais dire qu’elles inquiètent, pour moi, c’est faux. Il y a encore quelques semaines, on nous envoyait tout en haut parce qu’on venait de battre Schaffhouse (3-0) et Grasshopper (4-1). Et maintenant, puisqu’on perd deux matches de suite, on est les derniers des nuls? Je ne suis pas d’accord.

Chiasso est revenu à un point…

Je ne dis pas qu’on ne doit pas gagner à Winterthour vendredi, qu’on ne doit pas faire mieux. Dimanche matin, j’ai préféré parler avec mes joueurs plutôt que m’entraîner. Parce que j’ai senti qu’on en avait besoin après notre semaine anglaise difficile. Mais ce n’est pas parce qu’on a perdu deux fois qu’il faut nous enterrer. Je vais vous dire: à notre place, on peut voir les choses de deux manières.

On vous écoute…

La première, c’est de se dire que merde, Chiasso est sur une meilleure dynamique récente que nous, qu’il est revenu à un point et qu’il y a le feu. C’est une façon de considérer la situation. Mais ce n’est ni la mienne, ni celle que je trouve juste.

«Notre dynamique, celle que je ressens au quotidien dans ce groupe, c’est celle d’une équipe qui va vers le mieux»

Andrea Binotto, entraîneur de NE Xamax

La seconde?

C’est de regarder les choses dans leur globalité. Depuis le début de l’année et mon arrivée, on a obtenu 18 points en 16 matches (ndlr: contre 12 sur 15 matches au premier tour). Le tout en devant relever la tête au départ après des mois difficiles. C’est 1,125 point par rencontre, soit 41 sur une saison. Un total qui doit nous classer peut-être 7e ou 8e. Alors oui, encore une fois, tout n’a pas été parfait récemment. Mais notre dynamique, celle que je ressens au quotidien dans ce groupe, c’est celle d’une équipe qui va vers le mieux.

On a quand même l’impression qu’un ou deux événements positifs feraient beaucoup de bien à l’état d’esprit général…

Je peux l’entendre. J’ai surtout eu ce sentiment contre Kriens, où le sort s’est un peu acharné contre nous. Peut-être plus que jamais, j’ai une impression d’effet boule de neige dans les matches. On encaisse une fois, les choses se déroulent plus négativement et on parle de nous comme d’une équipe en crise. À l’inverse, on marque une fois, les choses se déroulent plus positivement et les médias écrivent qu’on a fait un grand pas vers le maintien.

Au milieu de tout ça, où se trouve la vérité à votre sens?

La vérité, c’est qu’on n’est ni moins bons ni meilleurs que Chiasso et Kriens. En englobant tout ce qu’il s’est produit depuis plusieurs mois, je crois que c’est le constat le plus pertinent qu’on puisse tirer. Le maintien, ce sera du 33-33-33.

Votre patron, Jean-François Collet, a récemment déclaré que Xamax ne pouvait pas tomber. Vous sentez sa pression?

Je crois que M. Collet est très respectueux du travail qu’on réalise. Il voit bien qu’on est ensemble dans cette situation et que personne ne triche. Je crois qu’il dit aussi qu’il ne pense pas à la relégation. Et c’est vrai, on est tous dans cet état d’esprit. On veut se nourrir d’événements positifs.

«On n’est ni moins bons ni meilleurs que Chiasso et Kriens. Le maintien, ce sera du 33-33-33»

Andrea Binotto, entraîneur de NE Xamax

Vous prenez la situation au classement avec philosophie. C’est pareil pour votre difficulté actuelle à marquer?

Oui, c’est pareil. Évidemment que c’est gênant. Mais on est candidat aux dernières places. Si on marquait à chaque match, on n’en serait pas là. Ça nous joue des tours aujourd’hui, mais c’est ce qui est beau avec le football. Qui aurait pu prédire qu’on gagnerait 4-1 à GC? Les plus optimistes, et encore. Qui aurait pu deviner qu’après ce match, on ne marquerait pas durant les quatre sorties suivantes? Pas grand monde.

Dites-nous au moins que Xamax pourra compter sur un Raphaël Nuzzolo en forme pour ces cinq derniers matches…

Je vous le dis. On possède des éléments d’expérience dans ce groupe, des gars qui ont un gros vécu avec le club. Je vais avoir besoin d’eux ces prochaines semaines.

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