Football - Andy Laugeois: «Je vis quelque chose d’exceptionnel»
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FootballAndy Laugeois: «Je vis quelque chose d’exceptionnel»

Prolongé d’un an, le capitaine de Stade Lausanne-Ouchy poursuit une formidable aventure débutée il y a six ans en 1ère Ligue. Il raconte son évolution et celle de son club.

par
Brice Cheneval
Andy Laugeois (au centre) évolue au SLO depuis 2015.

Andy Laugeois (au centre) évolue au SLO depuis 2015.

Corinne Guaix / Stade Lausanne-Ouchy

Prenez le Stade Lausanne-Ouchy de 2015 et celui de 2021. Au jeu des différences, vous y passeriez un moment, tant le club vaudois s’est transformé entre-temps. Toutefois, un nom fait la jonction entre les deux moutures: Andy Laugeois. L’actuel capitaine du SLO, âgé de 32 ans, faisait déjà partie du groupe qui évoluait en 1ère Ligue il y a six ans. C’est simple, de cette époque, il est le seul à faire encore partie de l’équipe première. Au total, il pèse 149 apparitions avec les Stadistes.

Le compteur n’est pas près de s’achever puisque les deux parties se sont accordées pour poursuivre leur aventure commune une année de plus. «Je suis super content, réagit le principal intéressé. C’est mon club. Je ressens énormément de fierté.»

Arrivé au SLO à l’été 2015, Andy Laugeois est un témoin privilégié de son évolution et de sa professionnalisation. C’est ici, aussi, qu’il a relancé sa carrière de joueur professionnel via une trajectoire inhabituelle. Formé à Yverdon, il a connu la Challenge League à ses débuts, entre 2007 et 2011. Freiné par une blessure à la cheville mal résorbée, il tire prématurément un trait sur le haut niveau en 2012.

Passé par Saint-Prex, en 4e Ligue, et Echallens, il atterrit en 2015 à Stade Lausanne-Ouchy, en 1ère Ligue, à 26 ans. La deuxième division lui semblait alors bien loin: «Le projet, c’était de monter en Promotion League, pas plus. Personne n’avait prononcé le mot Challenge League. Je ne voulais pas redevenir pro, je venais de recommencer mes études (ndlr: un Bachelor en sciences du sport et de l’éducation physique, suivi d’un Master de gestion du sport et des loisirs) et j’étais concentré là-dessus. Cela m’allait très bien.»

«Je ne voulais pas redevenir pro, je venais de recommencer mes études et j’étais concentré là-dessus. Cela m’allait très bien»

Andy Laugeois au sujet de son arrivée à Stade Lausanne-Ouchy, en 2015

Le destin en a voulu autrement. Le SLO accède d’abord à la Promotion League en 2017, avant de se hisser à l’étage supérieur deux ans plus tard. Le 20 juillet 2019, contre Grasshopper, Laugeois signe son retour en Challenge League, huit ans après sa dernière apparition dans la division. «J’avais de la peine à réaliser, j’ai ressenti pas mal d’émotions sur les premiers matches», se remémore-t-il.

Resté indispensable

Le passage dans le monde professionnel n’a pas freiné la progression du SLO, septième en 2019-2020 puis troisième cette année. Preuve que la transition a été intelligemment effectuée. Si bien qu’Andy Laugeois ne reconnaît plus le club dans lequel il a posé ses valises, dans le bon sens du terme: «Tout a changé, c’est le jour et la nuit! Que ce soit au niveau des entraînements, de l’administratif, du marketing, des réseaux sociaux… Tout s’est amélioré. Le staff s’est étoffé. Sur le terrain comme en dehors, le club est entré dans une autre dimension.»

Malgré cette métamorphose, le milieu de terrain est resté indispensable aux yeux de ses entraîneurs successifs, Andrea Binotto et Meho Kodro, tant au sein du groupe que sportivement. Au point d’être intronisé capitaine cette saison, un honneur dont il n’a pas pu profiter autant qu’il l’aurait souhaité en raison d’une série de blessures.

Cela n’a pas rebuté ses supérieurs à lui proposer une prolongation de contrat. Laugeois accompagnera la montée en puissance de Stade Lausanne-Ouchy encore une année de plus, au minimum. Lui espère étirer la belle histoire jusqu’au bout. «J’ai de bons espoirs de terminer ma carrière ici, affiche-t-il. Mais cela dépend moins du club que de moi. Il faudra que j’enchaîne les bonnes performances. Ce n’est pas parce que je suis capitaine que je suis protégé.»

«J’ai de bons espoirs de terminer ma carrière ici»

Andy Laugeois

En attendant la suite, il se dit déjà «énormément fier» de sa carrière: «Je sais que je vis quelque chose d’exceptionnel. J’en prends d’autant plus conscience lorsque je rencontre des gens dans la rue qui me rappellent à quel point mon parcours est beau.»

De la 1ère Ligue à la Challenge League, une «success story» à la sauce SLO.

Son plus beau souvenir au SLO

Entre les montées en Promotion League puis en Challenge League, la troisième place acquise cette année ou encore l’élimination du FC Sion au deuxième tour de la Coupe de Suisse 2017, Andy Laugeois a été gâté en moments de bonheur à Stade Lausanne-Ouchy. «Je n’ai vécu que des bonnes saisons», sourit-il.

Mais le capitaine lausannois n’hésite pas au moment de dégager celui qui lui a procuré la plus grande émotion: «C’est la promotion en troisième division. En 2015, le SLO s’était incliné lors des play-off d’accession. Rebelote la saison où j’arrive, en 2015-16. L’année suivante, on perd le match aller à Bellinzone (4-5) avant de renverser la vapeur au retour (3-0). Idem en finale face à Lancy. On s’incline à l’aller (1-2) et on décroche l’accession au retour (4-1). Les émotions que tu ressens sur des rencontres à élimination directe sont incomparables. Ce n’est pas pareil quand tu es promu au cours d’un championnat.»

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