Allemagne - Angela Merkel au chevet des victimes des inondations
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AllemagneAngela Merkel au chevet des victimes des inondations

La chancelière Angela Merkel se rend ce dimanche dans les deux régions allemandes les plus touchées par les intempéries qui ont fait 183 morts en Europe.

Le bilan des morts, encore très provisoire, s’établit rien qu’en Allemagne à 143 morts, des centaines de blessés et des dizaines de disparus.

Le bilan des morts, encore très provisoire, s’établit rien qu’en Allemagne à 143 morts, des centaines de blessés et des dizaines de disparus.

AFP

Angela Merkel se rend dimanche au chevet des survivants des inondations «du siècle», qui ont semé la désolation en Allemagne, fait au moins 183 morts dans ce pays et en Belgique, et provoqué des dégâts considérables. Si la tendance est à la décrue dans la zone la plus sinistrée, la situation se dégrade en revanche plus au Sud à la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche.

En raison de fortes pluies localisées, des crues sont signalées dans cette zone et ont fait un mort côté allemand, a indiqué la police locale dans la nuit de samedi à dimanche. Un «plan catastrophe» a été décrété dans le district allemand de Berchtesgaden et plusieurs centaines de pompiers sont déployés. En Autriche, la vieille ville de Hallein est inondée et les pompiers en état d’alerte dans les régions de Salzbourg et du Tyrol.

C’est dans ce contexte toujours tendu que la chancelière a prévu de rencontrer les habitants de Schuld en Rhénanie-Palatinat (ouest), un village qualifié de «martyr»: tout ou presque y a été détruit par les crues du milieu de semaine.

Alors que les secouristes continuent de chercher des dizaines de personnes toujours disparues dans le pays et en Belgique, elle devrait promettre l’aide de l’État à la reconstruction. Un plan d’aide gouvernemental de probablement plusieurs milliards d’euros est en préparation.

«Catastrophe»

L’Union européenne a aussi assuré de son soutien face à ces intempéries, qui ont affecté en outre les Pays-Bas, le Luxembourg ou la Suisse. «Nous les Européens sommes avec vous, en ce moment difficile de tout notre cœur», a dit la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, lors d’une visite samedi en Belgique.

Des dizaines de milliers d’Allemands sont affectés soit par la destruction de leur habitation, les coupures d’électricité, de gaz ou de lignes de téléphone. Sans parler des routes éventrées, ponts enfoncés et villes sous les décombres.

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La Belgique de nouveau frappée par des intempéries. Ici, une route à l'extérieur de Liège où les débris s'amoncellent.

La Belgique de nouveau frappée par des intempéries. Ici, une route à l'extérieur de Liège où les débris s'amoncellent.

AFP
Après avoir découvert l'ampleur des dévastations dans l'ouest de l'Allemagne, Angela Merkel a donné une conférence de presse à Adenau. (18 juillet 2021)

Après avoir découvert l'ampleur des dévastations dans l'ouest de l'Allemagne, Angela Merkel a donné une conférence de presse à Adenau. (18 juillet 2021)

AFP
La chancelière allemande Angela Merkel marche dans le village dévasté de Schuld, près de Bad Neuenahr-Ahrweiler, dans l'ouest de l'Allemagne. (18 juillet 2021)

La chancelière allemande Angela Merkel marche dans le village dévasté de Schuld, près de Bad Neuenahr-Ahrweiler, dans l'ouest de l'Allemagne. (18 juillet 2021)

AFP

«C’est une véritable catastrophe, je suis bouleversée», a dit cette semaine Angela Merkel depuis les États-Unis où elle était en visite lorsque les pluies diluviennes en milieu de semaine ont subitement provoqué des inondations décrites par les témoins comme des «raz-de-marée» ou «tsunami».

«C’est comme la guerre»

Il s’agit de la plus grande catastrophe naturelle de l’histoire récente du pays. «Des caravanes, des voitures ont été emportées, des arbres ont été déracinés, des maisons ont été renversées. Nous vivons ici depuis plus de 20 ans et nous n’avons jamais rien vécu de tel», confie à l’AFP Hans-Dieter Vrancken, un habitant de 65 ans du village de Schuld, que va visiter Angela Merkel. «C’est comme la guerre», résume-t-il.

Le bilan des morts, encore très provisoire, s’établit rien qu’en Allemagne à 156 morts, des centaines de blessés et des dizaines de disparus. Dans le seul État régional de Rhénanie-Palatinat, la police locale a fait état de 110 morts dans un communiqué, contre 98 dans le bilan précédent. En Belgique voisine, où une journée de deuil national est déclarée mardi, 27 personnes sont décédées à ce jour.

Les crues en Allemagne ont pris un tour politique à un peu plus de deux mois des élections législatives, à l’issue desquelles Angela Merkel quittera le pouvoir. Chaque candidat rivalise de propositions pour renforcer la lutte contre le réchauffement climatique, cause pour beaucoup d’experts des inondations.

Gaffe

Mais le favori pour succéder à la chancelière, le conservateur Armin Laschet, a commis samedi un faux pas préjudiciable à son image, en étant filmé en train de rire lors d’un hommage du chef de l’État aux victimes des crues. «Laschet rigole pendant que le pays souffre», écrit Bild, le journal le plus lu d’Allemagne.

Les images sont devenues virales, l’indignation nationale, contraignant l’intéressé à présenter ses excuses pour son comportement «inapproprié». La polémique a pris d’autant plus d’ampleur qu’Armin Laschet est aussi dirigeant d’une des deux régions les plus touchées par les inondations, la Rhénanie du Nord-Westphalie.

Dans toutes les localités sinistrées, pompiers, protection civile, responsables communaux, militaires, ont débuté le colossal travail de déblaiement et nettoyage des amas de débris boueux qui obstruent souvent les rues. Plus de 22’000 secouristes sont à pied d’œuvre.

«C’est un scénario d’horreur», commente Michael Kossytorz dans la ville dévastée de Bad Neuenahr-Ahrweiler, en constatant les dégâts. Scène inhabituelle, des chars militaires ont même été déployés en certains endroits pour aider aux efforts.

Caves de maison et carcasses de voitures sont inspectées une à une pour retrouver d’éventuels corps, tant en Allemagne qu’en Belgique. Dans ce pays, à mesure que l’eau se retire, «nous allons probablement encore trouver des situations catastrophiques», a jugé la bourgmestre de Liège, Christine Defraigne.

(AFP)

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