Allemagne - Angela Merkel, la vie après la chancellerie
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AllemagneAngela Merkel, la vie après la chancellerie

Après 30 ans de carrière politique, dont 16 à la tête du pays, la chancelière allemande, 67 ans, veut faire une pause.

Angela Merkel.

Angela Merkel.

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Angela Merkel, la femme la plus puissante du monde pendant 16 ans, se voit bien entamer sa retraite «en dormant un peu». Et ensuite? La discrétion de la chancelière sur son avenir donne lieu à mille spéculations. Dans quelques jours, le 8 décembre, la chancelière passera la main à son successeur Olaf Scholz, après quatre mandats à la tête de l’Allemagne.

Fini les sommets diplomatiques, les réunions de crise, les plans d’urgence contre le Covid-19 qui ont rempli ses journées. À 67 ans, Angela Merkel ne sera pas fâchée de laisser à d’autres les tracas du pouvoir. «Je comprendrai très vite que tout ça relève à présent de la responsabilité de quelqu’un d’autre. Et je crois que cette situation va beaucoup me plaire», avait-elle lancé, son éternel sourire en coin, lors d’un voyage à Washington cet été.

Sa priorité, elle l’a répétée à plusieurs reprises: faire une pause après 30 ans de carrière politique. Lors de la même intervention aux États-Unis, elle s’imaginait déjà «essayer de lire quelque chose», ajoutant «mes yeux commenceront à se fermer car je suis fatiguée, je dormirai un peu, et ensuite nous verrons où cela m’emmènera».

Écrire ou randonner?

Si Angela Merkel a laissé sur leur faim tous ceux qui l’ont sondée sur ses projets d’avenir, c’est qu’elle semble sincèrement s’interroger.

Depuis un premier mandat de députée, en 1990, juste après la réunification, «j’ai naturellement cessé de me demander ce qui m’intéressait le plus en dehors de la politique», confiait-elle récemment lors d’une rencontre publique. «Je n’ai pas un temps infini devant moi. Cela signifie que je veux déjà réfléchir à ce que je veux faire dans la période de vie qui s’annonce», poursuivait-elle.

Les possibilités sont nombreuses: «Est-ce que je veux écrire, est-ce que je veux parler, est-ce que je veux faire des randonnées, est-ce que je veux rester à la maison, est-ce que je veux visiter le monde?». «J’ai décidé de ne rien faire pour le moment et d’attendre la suite», concluait-elle, décevant une fois de plus ceux qui espéraient la voir annoncer une tournée de conférences, l’écriture de ses mémoires voire un road trip dans les montagnes Rocheuses américaines comme elle l’avait une fois évoqué. Repérée la semaine passée au rayon baskets d’un grand magasin de sports de Berlin – dans une vidéo devenue virale sur TikTok – des internautes ont conclu que la dirigeante préparait une retraite active.

Rares sont les prédécesseurs d’Angela Merkel restés longtemps désœuvrés. Helmut Schmidt, après avoir quitté la chancellerie en 1982, est devenu coéditeur de l’hebdomadaire de référence Die Zeit. Helmut Kohl et Gerhard Schröder ont su faire fructifier leur expérience, le premier en créant une société de conseil, le second à travers des missions de lobbyiste dont une fonction controversée de président du conseil d’administration du géant pétrolier russe Rosneft.

«Miss Merkel»

Le romancier David Safier a imaginé une autre reconversion possible: dans un polar satirique paru il y a quelques mois, il a lancé sa «Miss Merkel», lointaine cousine de la Miss Marple d’Agatha Christie, dans une enquête sur un mystérieux meurtre qui tire l’ex-chancelière de sa bucolique retraite.

Angela Merkel devrait en effet avoir davantage le temps de profiter, avec son mari Joachim Sauer, de ce qu’elle a parfois nommé sa «datcha», cette modeste maison située à 80 kilomètres au nord de Berlin, près de Templin, en ex-Allemagne de l’est où elle a grandi. Celle qui cultive un profil de «Madame tout le monde», peu portée sur les mondanités, a raconté à l’hebdomadaire Bunte qu’elle aimait y planter des légumes et des pommes de terre.

Un programme qui ne devrait pas suffire à occuper les sept collaborateurs et deux chauffeurs mis à sa disposition en tant qu’ex-chancelière, avec une retraite mensuelle d’environ 15’000 euros, selon un calcul de l’association des contribuables.

À moins que l’ancienne scientifique ne s’embarque dans une tournée des innombrables universités qui, de Séoul à Tel Aviv, lui ont distribué des doctorats honorifiques et auxquelles elle a promis de revenir pour discuter plus longuement avec les étudiants.

(AFP)

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