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AllemagneAngela Merkel plaide pour une justice sociale

La chancelière allemande a présenté mercredi les projets de son gouvernement, marqués par un souci de justice sociale.

Angela Merkel devant le Parlement allemand mercredi.

Angela Merkel devant le Parlement allemand mercredi.

AFP

Dans son discours, Angela Merkel a défendu une amélioration coûteuse des retraites, sévèrement critiquée par les milieux économiques, et l'introduction d'un salaire minimum.

Lors de son allocution aux députés, la chancelière est revenue sur les chantiers de son troisième gouvernement, qui associe depuis mi-décembre son parti conservateur aux sociaux-démocrates. Angela Merkel, qui entend «mettre les gens au coeur de (son) action», a énuméré ses projets: réforme des retraites, salaire minimum, double nationalité et refonte de la transition énergétique.

S'exprimant assise, en raison d'une blessure au bassin, elle a multiplié les références à l'«économie sociale de marché» chère aux Allemands, qui allie liberté d'entreprendre et Etat-providence fort.

Retraite à 63 ans

Le conseil des ministres a approuvé jeudi matin un projet de réforme qui abaisse l'âge de la retraite à 63 ans pour les actifs ayant cotisé 45 ans et prévoit une rente plus élevée pour les mères de famille.

Au total, la réforme coûtera 60 milliards d'euros d'ici 2025, une dépense justifiée par un souci d'«humanité» selon la chancelière. «L'humanité d'une société se manifeste dans sa manière de traiter les plus faibles, les vieux et les malades», a déclaré Mme Merkel.

La réforme des retraites est pourtant très critiquée en Allemagne par la plupart des médias et les milieux d'affaires. Elle «instaure un déséquilibre en défaveur des jeunes générations» et constitue «une rechute dans les travers de la retraite anticipée», selon le président de la fédération des employeurs BDA, Ingo Kramer.

La «grande coalition s'occupe surtout des vieux, parce que les électeurs sont de plus en plus vieux», a critiqué le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Nouvelles règles du travail intérimaire

En outre, Angela Merkel a réaffirmé l'intention du gouvernement d'introduire dès 2015 un salaire minimum de 8,50 euros de l'heure, car «aucune personne ayant un coeur ne peut rejeter l'idée d'un salaire minimum». Elle-même ne l'a pourtant acceptée qu'à contre-coeur, sous la pression de ses alliés.

Les réformes du marché du travail mises en place par Gerhard Schröder à partir de 2005, facteur essentiel des succès économiques du pays aujourd'hui, ont conduit à des «abus» que son gouvernement veut corriger, a-t-elle expliqué.

Des règles plus strictes encadreront ainsi le travail intérimaire. Sa durée sera limitée à 18 mois, et les employeurs auront l'obligation de rémunérer les travailleurs intérimaires au même niveau que les salariés disposant d'un contrat à long terme.

Opération de communication

Après la chancelière, tous les ministres devaient prendre la parole devant les députés d'ici vendredi, au cours de trois séances de débats de politique générale.

«Une opération de relation publique» de la nouvelle équipe, selon le journal Süddeutsche Zeitung pour qui «en fait il n'y a rien à débattre», puisque rien ou presque ne doit être effectivement décidé ces jours-ci et que l'opposition a un temps de parole limité.

(ats)

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