Anitta: «Madonna nous a encouragés à assumer notre sensualité et sexualité»

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Montreux JazzAnitta: «Madonna nous a encouragés à assumer notre sensualité et sexualité»

Lundi, le Lab avait des airs de Rio de Janeiro avec la venue de la star brésilienne. Nous l’avons interviewée dans les loges avant son concert explosif.

par
Fabio Dell'Anna

Anitta était en concert au Lab ce lundi 4 juillet 2022.

lematin.ch

Une combinaison déstructurée qui laisse entrevoir la marque de bronzage de son string, des chorégraphies sensuelles, beaucoup de twerk et surtout, une femme qui sait exactement ce qu’elle veut: Anitta a secoué Le Lab lundi 4 juillet avec ses tubes. Celle qui compte plus de 26 millions d’auditeurs par mois sur Spotify a donné l’un des concerts les plus mémorables de cette 56e édition. La Brésilienne de 29 ans a enchaîné les titres en portugais, espagnol, anglais, italien et même français. Rarement on aura vu le public du Lab avec une telle énergie. On apercevait également Shania Twain sauter depuis les coulisses sur «Vai Malandra».

Avant qu’elle ne mette le feu à la scène, Anitta nous a donné rendez-vous dans sa loge pour parler de cette folle carrière internationale qu’elle a construite. Un parcours si incroyable que même Harvard et MIT lui ont demandé de donner une masterclass à ce sujet et Netflix lui a déjà consacré deux projets. «Mon équipe et moi travaillons depuis des années pour atteindre nos objectifs petit à petit», nous dit-elle en parlant de son succès. Rencontre.

Il paraît que vous parlez un peu français?

(Elle nous répond en français avec un petit accent brésilien.) Si tu parles doucement et lentement, je comprends parce que, durant la quarantaine, j’ai étudié un peu de français. Mais si tu parles rapide, je ne comprends pas.

Pourquoi avez-vous voulu apprendre notre langue?

(Elle reprend dans un anglais parfait.) J’adore étudier et j’adore les langues. Pour moi, l’une des plus belles langues au monde est le français. Je m’ennuyais pendant la pandémie et j’ai commencé à prendre des cours en ligne, en direct sur Instagram avec mes fans.

Votre dernier album, «Versions of Me», est un immense succès. On peut y entendre beaucoup de styles différents: du reggaeton, du R&B, du funk mais aussi de la pop et de la dance avec toujours un ADN brésilien.

J’ai grandi en écoutant tous les styles de musique et cela ressemble beaucoup à ma personnalité. J’aime jouer avec les possibilités d’être qui je veux, quand je le veux. Je trouvais que mon album devait me représenter ainsi. Je ne veux pas être définie par une chose ou une autre.

Dans vos clips comme «Girl From Rio», vous mettez en avant la beauté de toutes les femmes, peu importent leurs différences.

Oui, c’est important pour moi d’utiliser mon travail pour envoyer des messages positifs. L’un des plus importants est d’accepter la différence. La différence de la beauté et des choix. Les gens doivent être plus tolérants et se sentir aussi représentés. J’essaie donc d’apporter plus de diversité dans mes clips pour que tout le monde puisse s’y reconnaître.

L’un des plus gros succès de votre dernier album est «Envolver», le clip compte presque 300 millions de vues sur YouTube. Saviez-vous que le danseur principal de la vidéo, Ayoub, vient de Suisse, et même de la région?

Il est là. Il est juste là. Oui, je savais qu’il venait de Suisse. Je lui ai parlé sur les réseaux sociaux car mes danseurs l’ont trouvé en ligne et l’ont adoré. Ils ont dit qu’il devait être absolument dans ma vidéo. Et c’est mon clip le plus important, je l’adore encore aujourd’hui.

Dans vos documentaires Netflix, on remarque que vous dirigez tout. Vous avez vraiment le contrôle sur votre carrière et vous prenez toutes les décisions…

Pas tout le temps. Parfois, je me rends compte que c’est mieux si c’est quelqu’un d’autre de plus qualifié qui parle à ma place. Quand, par exemple, je me retrouve dans une situation inédite, je ne vais pas m’imposer. Je préfère faire confiance et suivre les suggestions. En revanche, à mes débuts, lorsque j’avais plus de temps libre, j’étais un peu plus autoritaire. Je le suis toujours, mais désormais je laisse les gens m’aider.

En parlant de début, comment avez-vous commencé la musique?

J’ai commencé à chanter dans une église avec mon grand-père. Ma famille est catholique et j’y ai chanté pendant sept ou huit. Tout ce que j’ai appris, c’est avec eux. 

Vous êtes désormais une artiste internationale et vous avez de nombreuses collaborations à votre actif: Black Eyed Peas, Maluma ou encore Madonna. Laquelle a une signification spéciale pour vous?

Elles ont toutes une signification spéciale. Grâce à «Onda Diferente», Snoop Dog est devenu l’une des personnes que j’aime le plus au monde. Cela a été génial de collaborer avec Cardi B sur «Me Gusta» car nous avons un peu la même personnalité. Et il y a évidemment Madonna. Elle a ouvert les portes pour les femmes et la communauté LGBT. Elle nous a encouragés à être nous-mêmes (ndlr: elle s’identifie en tant que bisexuelle) et à assumer notre sensualité et sexualité.

Vous n’avez d’ailleurs aucun problème à parler de sexe librement lors d’interviews mais aussi dans vos chansons comme «I’d Rather Have Sex». D’où vient cet état d’esprit?

J’adore la liberté et je veux partager ce message avec les autres. J’aime voir les personnes se sentir en confiance pour parler de ce qu’elles veulent. J’ai l’impression que les hommes et les femmes ont des scénarios tellement différents dans leur vie. Les hommes peuvent faire ce qu’ils veulent et les femmes ont tellement de barrières. C’est si différent pour nous d’être libres, d’avoir nos propres choix et de parler de ce que nous voulons. C’est pourquoi j’aime provoquer chez les gens des réactions comme: «Oh, c’est une femme qui a dit ça?» Oui. Et vous ne devriez pas avoir un problème avec, car quand c’est un homme, cela paraît normal.

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