23.05.2019 à 01:10

GéopolitiqueAnkara a cessé d'acheter du pétrole iranien

Pour ne pas froisser Washington, la Turquie, «en tant qu'alliée stratégique» des Etats-Unis, a renoncé au pétrole iranien.

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Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)

Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)

Keystone
Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)

Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)

AFP
Donald Trump a affirmé lundi qu'aucune rencontre n'était prévue «à ce stade» avec Hassan Rohani, mais il a entretenu le suspense sur la possibilité d'une entrevue, à New York.  (23 septembre 2019)

Donald Trump a affirmé lundi qu'aucune rencontre n'était prévue «à ce stade» avec Hassan Rohani, mais il a entretenu le suspense sur la possibilité d'une entrevue, à New York. (23 septembre 2019)

AFP

La Turquie a totalement cessé d'importer du pétrole iranien depuis début mai pour «respecter» les sanctions américaines même si elle désapprouve ces mesures. En revanche, elle tient à ses systèmes russes de défense antiaérienne, un achat que Washington désapprouve.

«En tant qu'alliée stratégique» des Etats-Unis «nous respectons» les sanctions contre l'Iran, a déclaré mercredi un responsable turc sous couvert de l'anonymat. Il s'exprimait en marge d'une visite à Washington du vice-ministre turc des Affaires étrangères Yavuz Selim Kiran.

L'administration de Donald Trump a rétabli les sanctions américaines contre l'Iran après avoir quitté, il y a un an, l'accord international sur le nucléaire iranien. Ces sanctions interdisent notamment les exportations de pétrole iranien, et visent aussi tout pays qui continuerait d'en acheter.

Dérogation non renouvelée

Huit pays, dont la Turquie mais aussi la Chine, l'Inde ou le Japon, avaient initialement bénéficié d'une dérogation pour continuer à importer du brut iranien, mais celle-ci a pris fin le 2 mai et n'a pas été renouvelée.

A l'annonce du non renouvellement des exemptions, Ankara avait semblé ne pas vouloir obtempérer. «Nous n'accepterons pas de sanctions unilatérales et de contraintes sur la manière dont nous gérons nos relations avec nos voisins», avait alors lancé le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu. Mais la Turquie a finalement bien cessé d'importer du pétrole iranien depuis le 2 mai, selon le responsable turc interrogé mercredi.

«Un accord conclu»

Lors de sa visite à Washington, la délégation turque a évoqué avec l'administration Trump les nombreux contentieux qui empoisonnent les relations entre ces deux pays pourtant alliés au sein de l'Otan. A commencer par l'achat par Ankara de systèmes russes de défense antiaérienne S-400.

Les Américains dénoncent cette acquisition en cours et menacent d'une part de ne pas livrer aux Turcs leurs avions de chasse F-35 dont la Turquie a également entrepris de faire l'acquisition, et d'autre part d'imposer des sanctions économiques contre Ankara. «C'est un accord conclu», a dit mercredi à Washington le vice-ministre turc à des journalistes, réaffirmant que son pays ne renoncerait pas au contrat avec Moscou.

Le gouvernement turc a proposé à l'administration américaine un groupe de travail technique conjoint pour dissiper les craintes des Etats-Unis qui redoutent que la technologie dont sont dotées les batteries S-400 ne serve à collecter des données technologiques sur les avions militaires de l'Otan, et que la Russie puisse ainsi y accéder. «Nous attendons toujours la réponse» sur cette «commission technique», a déploré le responsable turc sous couvert de l'anonymat.

Le maire déchu d'Istanbul appelle ses électeurs à rester mobilisés

Le maire déchu d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, a dénoncé mercredi les «mensonges» invoqués pour annuler son élection le 31 mars. Il appelle ses électeurs à rester mobilisés lors du nouveau scrutin le 23 juin. «Personne ne croit à leurs allégations», a déclaré M. Imamoglu lors d'un rassemblement à Istanbul pour lancer sa nouvelle campagne. Ekrem Imamoglu avait battu Binali Yildirim, candidat de l'AKP et ex-Premier ministre, avec moins de 13'000 voix d'avance. Une marge minime à l'échelle d'une ville de plus de 15 millions d'habitants, contrôlée par les islamo-conservateurs depuis 25 ans.

(ats)

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