Génocide arménien: Ankara «n'acceptera jamais» les accusations

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Génocide arménienAnkara «n'acceptera jamais» les accusations

Recep Tayyip Erdogan a déclaré samedi que les accusations de génocide arménien constituaient un «chantage» et que son pays ne les «n'accepterait jamais».

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Recep Tayyip Erdogan a affirmé samedi que jamais la Turquie n'acceptera les accusations de génocide arménien, qui constituent selon ses mots un «chantage». (4 juin 2016 - photo d'archives)

Recep Tayyip Erdogan a affirmé samedi que jamais la Turquie n'acceptera les accusations de génocide arménien, qui constituent selon ses mots un «chantage». (4 juin 2016 - photo d'archives)

AP, Keystone
Si la Turquie a rappelé son ambassadeur en Allemagne après la reconnaissance du génocide arménien par le Bundestag allemand, le premier ministre turc Binali Yildirim a affirmé, au lendemain du vote, que «L'Allemagne et la Turquie sont deux alliés très importants. Personne ne doit s'attendre à ce que les relations se détériorent totalement d'un seul coup à cause de cette décision ou de décisions semblables». (vendredi 3 juin 2016)

Si la Turquie a rappelé son ambassadeur en Allemagne après la reconnaissance du génocide arménien par le Bundestag allemand, le premier ministre turc Binali Yildirim a affirmé, au lendemain du vote, que «L'Allemagne et la Turquie sont deux alliés très importants. Personne ne doit s'attendre à ce que les relations se détériorent totalement d'un seul coup à cause de cette décision ou de décisions semblables». (vendredi 3 juin 2016)

AFP
Les députés allemands ont adopté une résolution reconnaissant le génocide arménien, un vote contesté avec véhémence par la Turquie. (jeudi 2 juin 2016).

Les députés allemands ont adopté une résolution reconnaissant le génocide arménien, un vote contesté avec véhémence par la Turquie. (jeudi 2 juin 2016).

Keystone

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé samedi que les accusations de génocide arménien constituaient un «chantage» et que son pays ne les «accepterait jamais». Dans sa réaction la plus vive à la reconnaissance de ce génocide par le parlement allemand jeudi, Recep Erdogan a aussi menacé de laisser l'Europe «à ses propres tracas» si ce genre de querelle n'était pas résolu.

«Le sujet, dans ce cas, ce ne sont pas les Arméniens. La question arménienne est utilisée partout dans le monde comme un moyen pratique de chantage contre la Turquie et a même commencé à être utilisée comme un bâton», a déclaré le président turc dans un discours télévisé.

«Notre attitude sur la question arménienne est claire depuis le début. Nous n'accepterons jamais les accusations de génocide», a-t-il ajouté.

Un vote allemand qui passe mal

Le vote, jeudi, des députés allemands qualifiant de génocide les massacres d'Arméniens perpétrés en 1915 sous l'empire ottoman constitue un nouveau contentieux dans les relations complexes entre l'Union européenne et la Turquie, qui souhaite y adhérer. Ankara constitue notamment un partenaire-clé pour tenter de maîtriser la grave crise migratoire qui affecte l'Europe.

«Soit nous trouvons des solutions à nos problèmes de manière équitable, soit la Turquie cessera de constituer une barrière aux problèmes de l'Europe. Nous vous laisserons à vos propres tracas», a-t-il ajouté, sans plus de précision.

Résolution sans «aucune valeur»

La résolution des députés allemands «n'a absolument aucune valeur» et ne changera rien à la position turque, avait déclaré plus tôt dans la journée Recep Erdogan à des journalistes turcs, lors d'une visite en Afrique.

Les députés «n'ont pas pris en compte le fait qu'ils risquent de perdre un ami comme la Turquie», avait-il déclaré.

Les Arméniens estiment qu'un million et demi des leurs ont été tués de manière systématique à la fin de l'Empire ottoman. Nombre d'historiens et plus de vingt pays, dont la France, l'Italie et la Russie, ont reconnu qu'il y avait eu un génocide.

La Turquie affirme pour sa part qu'il s'agissait d'une guerre civile, doublée d'une famine, dans laquelle 300'000 à 500'000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.

(AFP)

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