Malgré la crise du Covid - Année record pour les start-up
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Malgré la crise du CovidAnnée record pour les start-up

Jamais les nouvelles entreprises n’ont généré autant de capital-risque en Europe qu’en 2020. Cette forte dynamique devrait se poursuivre en 2021, selon une étude du cabinet EY. Et la Suisse en bénéficie aussi.

Les start-up suisses ont levé un total de 1,9 milliard de francs l’an dernier.

Les start-up suisses ont levé un total de 1,9 milliard de francs l’an dernier.

Adrian Moser / Tamedia AG


Le financement des start-up européennes n’a été ralenti ni par le Covid-19 ni par le Brexit. Bien au contraire: le nombre et la valeur des accords de financements ont atteint des chiffres record en 2020, selon la dernière étude «baromètre des start-up» réalisée chaque année par le cabinet d’audit et de conseil EY.

Le volume de financement a même atteint au second semestre 2020, avec quelque 22,7 milliards de francs, le plus haut niveau enregistré pour un semestre depuis 2014. Les trois plus gros financements de start-up en 2020 ont également été réalisés au cours de cette période: The Telepass Group, un prestataire de services de mobilité italien, a ainsi généré en octobre 1,1 milliard de francs. La start-up britannique Inigo, spécialisée en assurances, a quant à elle enregistré en novembre quelque 750 millions de francs et le fabricant de batteries suédois Northvolt 562,8 millions.

«La pandémie de coronavirus a mis en exergue de nombreux défis auxquels notre économie fait actuellement face, tels que la nécessité d’accélérer la digitalisation, la fragilité des chaînes logistiques ou encore l’importance capitale de sécuriser les réseaux informatiques, indique Sascha Stahl, de EY en Suisse. De nombreuses start-up ont préparé des réponses adaptées à ces défis, attirant ainsi les fournisseurs de capitaux.»

La Suisse au 4e rang européen en terme de transactions

La Suisse a enregistré en 2020 une forte croissance, avec un nombre d’accords augmentant de 211 – soit 64% – versus 2019, pour atteindre 540 transactions. Cela s’est traduit par des investissements de 1,9 milliard de francs au total (contre 1,6 milliard en 2019). La Suisse s’est ainsi propulsée à la quatrième place au niveau européen derrière la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France, tant en nombre de transactions qu’en volume d’investissement. Au niveau national, c’est à Zurich qu’a été enregistré le plus grand nombre de transactions avec 168 enregistrements contre 114 l’année précédente. Bâle est en tête en termes de volumes de financement: 517,8 millions de francs (263,2 millions en 2019).

La lausannoise Sophia Genetics dans le top 3

Les trois plus grosses transactions suisses en 2020 ont été réalisées par les entreprises spécialisées en Life Sciences VectivBio de Bâle et Sophia Genetics de Lausanne (102,3 millions de dollars US chaque) et Monte Rosa Therapeutics de Bâle (96 millions de francs). Les places quatre à dix sont ensuite occupées par Kandou Bus (Lausanne, 85,9 millions), Pharvaris (Zoug, 74,4 millions), SkyCell (Zurich, 62 millions), Screening Eagle Technologies (Zurich, 55 millions), Noema Pharma (Bâle, 54 millions), Bitcoin Suisse (Zoug, 45 millions) et Polkadot (Zoug, 40 millions).

Grande-Bretagne au top

Le marché européen des start-up a surtout été porté par la Grande-Bretagne l’an dernier: malgré l’issue, fin 2020, du processus du Brexit, le nombre des rondes de financement a plus que doublé, atteignant le nombre de 2 113, le volume de financement augmentant quant à lui d’un quart pour atteindre 14,9 milliards de francs. La Grande-Bretagne a ainsi creusé l’écart avec le reste de l’Europe. Ce à quoi Sascha Stahl conclut: «Même le Brexit n’a rien changé à l’attractivité toujours plus grande de la Grande-Bretagne pour de nombreux investisseurs étrangers, par rapport aux autres pays européens. La langue anglaise y contribue certes sûrement mais Londres, en particulier, s’est constitué un véritable écosystème de start-up, incubateurs et financeurs définitivement axés sur l’international.»

Toutefois, les start-up européennes ayant enregistré au total en 2020 un plus grand nombre d’investissements, des marchés plus petits tels que Copenhague, Vienne ou Tallinn, où le nombre d’accords de financements ont plus que doublé, sortent également gagnants aux dires de l’expert. «C’est un signe encourageant pour les créateurs mais aussi pour ces régions qui déploient beaucoup de moyens pour accroître leur compétitivité et attractivité vis-à-vis de nouvelles ou jeunes entreprises», explique Sascha Stahl. La domination des trois principales places que sont Londres, Paris et Berlin ne sera selon lui toutefois pas remise en cause dans les années à venir.

(comm/gma)

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